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Les végans sont-ils des extrêmistes? Ca fait débat sur RMC

Alors qu’un festival vegan est organisé ce week-end à Calais, les attaques contre les boucheries charcuteries se multiplient. On en compte une par mois en moyenne depuis le début de l’année. Vitrines caillassées, tags "anti-spéciste", le phénomène prend de l’ampleur. Faut-il s'en inquiéter?

Angers, Jouy-en-Josas, Epinay-sur-Orge, Lille. Partout les mêmes scènes. Une attaque de nuit, des impacts de pierre, des messages violents. Au nom de la cause animale, les boucheries sont vandalisées. Par des militants anti-spécistes, qui réclament les mêmes droits de liberté, de vie et de non-souffrance pour toutes les espèces animales.

Et à chaque nouvelle attaque, la violence monte d’un cran entre les deux "clans". Jean-François Guihard, président de la Fédération nationale de la boucherie charcuterie dénonce d'ailleurs un extrémisme végan:

"C'est un mouvement qui se radicalise. C'était juste des tags avec du faux sang mais aujourd'hui, quand on s'attaque à une boucherie, ce sont des actes de vandalisme, et j'oserai même dire des actes de terrorisme. Ils souhaitent semer la terreur, et ça c'est inadmissible. S'ils ne veulent pas manger de viande, c'est leur choix. Nos clients ne sont pas dupes: ce n'est pas un mouvement extrémiste comme ça qui va les arrêter.

"Ce n'est pas sectaire"

Les attaques sont beaucoup plus fréquentes dans le Nord. Les tensions entre militants et des groupes de chasseurs/bouchers-charcutiers y sont particulièrement fortes, notamment à Calais, où un festival végan doit se tenir ce week-end. Fin août, par crainte des violences, la mairie avait annulé ce festival. Mardi, le tribunal administratif de Lille, saisi par les organisateurs et d’autres associations de défense du bien-être animal, a suspendu cette décision et ordonné de "laisser se dérouler" l'événement. Dans sa décision, le tribunal a souligné que "d’autres festivals végan ont été organisés dans plusieurs villes de France sans qu’aucun incident n’ait été à déplorer". 

Les fédérations régionales des bouchers, mais aussi des poissonniers et des charcutiers avaient d’ailleurs envisagé d’aller répliquer ce week-end au festival végan organisé à Calais. Finalement, ils renoncent. Ils ne veulent pas que des casseurs viennent brouiller leur message. Ce qu’ils voudraient faire entendre à tous les vegans, qui pour la plupart ne sont pas violents, c’est que leur silence est inadmissible face à ces attaques, qu’il serait bon de les condamner.

"Le salon végan est ouvert à tous, ce n'est pas sectaire. La plupart des végans sont des gens bienveillants et ouverts au dialogue. Si des bouchers ou des éleveurs veulent échanger avec nous, si c'est pacifique, nous ne sommes pas fermés" explique Stéphanie Bartcazk,qui interviendra au festival végan de Calais ce week-end.

Pour se prémunir des attaques, la fédération des bouchers a déjà eu rendez-vous au début de l’été avec le ministère de l’Intérieur. Gérard Collomb, le ministre lyonnais amateur de rosette et de charcuterie, affirmait que les bouchers pouvaient compter sur lui, utilisant des mots particulièrement forts: "C’est scandaleux qu’au nom du véganisme, on attaque violemment ceux qui ne pensent pas comme nous. Nous ne supporterons pas la dictature"...

Matthieu Rouault & X.A