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Metz: faute de conducteurs, les bus passent sur un rythme de vacances scolaires

Les horaires d'été devaient initialement être mis en place à compter du 4 juillet sur le réseau de bus de Metz. Mais le nombre de conducteurs est insuffisant. Quinze postes de conducteurs sont à pourvoir actuellement.

À Metz, le service de transport tourne au ralenti, faute de conducteurs de bus. Depuis lundi, les principales lignes de bus de la ville sont passées sur un rythme de vacances avec 15 minutes d'intervalle entre deux bus au lieu de 10 minutes habituellement.

Et s’il y a moins de bus, c’est parce qu’il n'y a pas assez de conducteurs. Sur les quelque 350 effectifs, une cinquantaine manque chaque jour à l'appel à cause d'arrêts-maladies, et la direction n'arrive pas à recruter. Pas moins de 15 postes de conducteurs sont à pourvoir.

Karine prend le bus tous les jours pour aller travailler, mais depuis le début de la semaine, elle doit prendre son mal en patience.

"Ça peut poser un souci au niveau du travail où on arrive en retard. Quand ça arrive les après-midi sur les heures de pointe, c’est surchargé et avec la chaleur en plus c’est étouffant”, regrette-t-elle.

Des conditions de travail "dégradées"

La société des transports manque de conducteurs pour faire rouler ses bus. Le taux d'absentéisme a doublé depuis la crise sanitaire, et la directrice des ressources humaines Florence Vivien n'arrive pas à recruter.

“On a un salaire de base à 2.080 euros brut par mois, mais s’ajoute à ça un treizième mois. Donc non, nous considérons que le salaire n’est pas un frein. Depuis le Covid en tout cas, nous n’avons plus de candidature”, assure-t-elle.

Si le métier n'attire plus, c'est à cause de conditions de travail dégradées, répond Frédéric Jager, conducteur de bus et délégué CGT.

“On nous demande toujours plus, on nous demande de commencer toujours plus tôt. Le premier service, aujourd'hui, est à 4h15 et le dernier termine à 1h30. Moi quand j’ai commencé mon métier, à 21h on avait fini en gros. Et par contre, à côté de ça les salaires n’augmentent pas. On n’attire pas une mouche avec du vinaigre”, indique-t-il.

Ces problèmes seront mis sur la table la semaine prochaine lors d'une réunion avec la direction.

Victor Joanin avec Guillaume Descours