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Pénurie de personnel: "Les hôtels, les musées, c'est fini", alerte le restaurateur Stéphane Manigold

Face à la pénurie d'employés dans la restauration, Stéphane Manigold, patron d'un restaurant, alerte sur les conséquences que pourraient avoir la paralysie de certains établissements, alors qu'ils peinent toujours à recruter.

L'hôtellerie et la restauration sont toujours à la recherche d'employés. Et pourtant, selon Pôle Emploi, il y a toujours des milliers de personnes à la recherche d'un emploi, notamment à Paris. C'est ce qu'a constaté le restaurateur Stéphane Manigold, qui assure avoir passé la semaine à appeler des demandeurs d'emplois dans les métiers du secteur. Sans succès, malgré ses efforts.

"J'ai accès aux téléphones de ces gens-là, je les ai appelés et souvent ils disent qu'ils ne sont plus disponibles, qu'ils n'habitent plus à Paris. J'ai passé la semaine à appeler, ce n'est pas une minorité", raconte-t-il ce jeudi sur le plateau des "Grandes Gueules" sur RMC et RMC Story.

"Je suis pour la protection sociale, il faut protéger les plus faibles. Mais quand on appelle des gens, qu'on propose du boulot et que certains refusent, terminé! Il y en a ras-le-bol, il y a 40.000 personnes qui recherchent du travail dans ce pays. On refuse de l'économie, de l'attractivité. Quand la France ne sera plus un pays attractif, ce sera terminé, les gens iront dans d'autres capitales et on va tous pleurer. Les hôtels, les musées, c'est fini!", alerte Stéphane Manigold.

Des centaines de milliers de postes toujours à pourvoir

"Tout ça, c'est un écosystème. Quand les gens vont au restaurant, on fait travailler les taxis et aussi les agriculteurs français, des céréaliers aux éleveurs", ajoute le restaurateur parisien.

Depuis plusieurs mois, les professionnels de l'hôtellerie et la restauration alertent sur le manque de saisonniers pour la saison estivale. Selon l'UMIH, l'Union des métiers de l'industrie de l'hôtellerie, 200.000 emplois sont toujours à pourvoir dans le secteur pour l'été. Pour pallier aux manques, les professionnels pourraient se tourner massivement vers des saisonniers étrangers, notamment Tunisiens.

G.D.