RMC

Migrants: la mère de Laurent Wauquiez s'aligne sur la position de son fils au Chambon-sur-Lignon

Eliane Wauquiez, maire de Chambon-sur-Lignon, n'est pas d'accord avec son fils Laurent sur la question de l'accueil des migrants

Eliane Wauquiez, maire de Chambon-sur-Lignon, n'est pas d'accord avec son fils Laurent sur la question de l'accueil des migrants - THIERRY ZOCCOLAN / AFP

Au Chambon-sur-Lignon, petite commune située en Haute-Loire, la majorité du conseil municipal et des habitants veut accueillir des réfugiés. Mais la maire, qui n'est autre qu'Eliane Wauquiez, pour ne pas froisser son fils suit sa position et refuse finalement de tels accueils.

Chez les Wauquiez, on n'a pas les mêmes opinions sur l'accueil des réfugiés. Cet imbroglio se tient au Chambon-sur-Lignon, village reconnu comme "Juste parmi les Nations", pour avoir abrité des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, dont la maire n'est autre qu'Eliane Wauquiez, la maire du président du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes. L'édile a décidé lors du conseil municipal, le 16 septembre dernier, qu'elle était prête à en accueillir sur sa commune. Mais, le jour même, celui qui est aussi président par intérim du parti Les Républicains a lancé une pétition pour refuser que les migrants de la Jungle de Calais soient répartis dans toutes les régions de France et notamment la sienne, qui doit en accueillir un peu moins de 1.800.

Alors, pour ne pas déplaire à son fils, Madame Wauquiez n'a finalement pas soumis l'accueil des réfugiés au vote en conseil municipal. Ce qui fait jaser dans la commune. "Je pense que Madame le maire est en porte-à-faux avec les dires de son fils et qu'elle ne peut pas s'exprimer publiquement à cause de ça, estime Perrine Barriol, qui s'occupe du temple protestant de la commune. C'est dommage car c'est pourtant une position tout à fait honorable de la part de la municipalité. Alors, pourquoi ne pas le dire?"

"Le Chambon ne s'arrête pas à Madame le maire"

Une position d'autant plus incomprise que le village du Chambon-sur-Lignon a une tradition d'accueil des réfugiés. C'est en effet le seul en France à avoir été reconnu "Juste parmi les Nations" pour avoir caché des enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Denise Vallat, adjointe au maire en charge de la culture, rejette pour autant toute polémique: "Ce sont les actes qui comptent. C'est la réalité, à savoir la présence de tous les réfugiés sur la commune, qui montre bien qu'il y a une volonté commune d'accueillir ces personnes. Donc, cette péripétie d'un conseil municipal, où on exige un vote sur quelque chose qui, de toute façon, fait déjà consensus, n'a pas lieu d'être".

En revanche, pour Hervé Routier, conseiller municipal d'opposition, ce choix est surtout politique: "On est dans la perspective des primaires. Il y a un discours à tenir vis-à-vis des électeurs, notamment pour mordre sur la frange plus à droite des Républicains. C'est donc le discours que M. Wauquiez et sa mère souhaitent tenir". De même, Pascale Blanc, petite-fille de "Juste parmi les Nations", compte bien partager l'héritage de la commune: "Le Chambon, ça ne s'arrête pas à Madame le maire. Le Chambon, c'est un village, et tout un village, qui fait construire un lieu de mémoire, qui fait avancer la mémoire et on utilise cette mémoire pour bien monter à nos enfants ce qu'il s'est passé avant et ne pas le refaire. On ne peut donc pas, en tant que Chambonais, dire non. Bien sûr qu'on va le faire".

M.R avec Gwenaël Windrestin