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"On continuera": dans l’Aveyron, les salariés de la SAM refusent toujours de quitter leur usine

L'occupation des ex-salariés se poursuit.

L'occupation des ex-salariés se poursuit. - RMC

Alors qu’ils devaient évacuer leur entreprise mardi, les salariés de la Société aveyronnaise de métallurgie (SAM) continuent d’occuper leur usine dans l’Aveyron. Ce qui empêche la vente aux enchères de leurs machines.

Les salariés de la Société aveyronnaise de métallurgie (SAM) avaient jusqu'à 14 heures mardi pour évacuer leur entreprise, comme l’avait décidé le tribunal judiciaire de Rodez (Aveyron) il y a une semaine. Mais au lendemain de la date butoir, ils continuent en fait d'occuper le site et d'empêcher la vente aux enchères de leurs machines.

Les 333 anciens employés de l'entreprise qui occupent le lieu peuvent être expulsés à tout moment. Mais ils ne veulent pas partir, se relaient jour et nuit pour occuper l'usine et alerter sur leur avenir. Car ils jugent leurs licenciements injustes.

Mardi, les salariés ont reçu du soutien. "On leur dit 'ne lâchez rien, on est de tout cœur avec vous'! Et on en appelle vraiment aux décisions des pouvoirs publics pour pouvoir maintenir l’emploi industriel ici à Viviez", confie Olivier au micro de RMC. Avec ses amis cheminots de Béziers, il a fait trois heures de route pour venir à la rencontre des salariés.

Un des derniers poumons économiques du bassin

Devant l’usine, des élus locaux étaient également présents, comme le maire de la commune de Viviez (1.200 habitants). "Il y a un moment que les salariés sont entrés en résistance et qu’ils essaient de tenir au maximum pour que leur outil de travail ne soit pas bradé", salue Jean-Louis Denoit.

Pour les salariés, même après 134 jours, pas question de quitter l’usine. "Quand on voit la population qui vient à notre rencontre, ça fait du bien! Ça nous donne un élan de courage. On n’a pas le choix, on est obligé d’être optimiste, alors on continuera", assure Christelle Rambaut, agent de production à la Sam pendant 29 ans.

Les salariés espèrent encore une reprise de l’entreprise pour relancer l’activité. Car la Sam reste l’un des derniers poumons économiques du bassin. En attendant, ils se disent abandonnés par l'État et oubliés par les candidats à l’élection présidentielle.

Jean-Wilfrid Forquès