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"L’impression d’être abandonnés": les salariés de l'usine SAM oubliés de la campagne présidentielle

Depuis novembre, les salariés de la Société aveyronnaise de métallurgie se mobilisent pour tenter de sauver ce qui pouvait encore l'être. Mais une décision judicaire les force à quitter les lieux, alors qu'aucun politique d'envergure nationale ne s'est mobilisé pour eux.

Des jours et des nuits de mobilisation. Pour rien? Les 333 salariés qui occupent depuis novembre l'usine SAM à Viviez, dans l'Aveyron, ont le sentiment d'avoir été oubliés par les candidats à l'élection présidentielle. Ils espéraient leur soutien, en vain.

Un rassemblement devant l'usine est prévu ce mardi à 17h30 alors que le tribunal judiciaire de Rodez les a condamnés à quitter l'usine à 14h. Au-delà de cette date, le recours à un serrurier et à la force publique pourra être mis en œuvre après 134 jours d'occupation pour protéger l’outil de travail.

En 2017, l’usine Whirlpool d’Amiens, promise à la fermeture, avait reçu nombreux soutiens de candidats, dont Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Pour SAM, pas le moindre déplacement sur le site. D’où l’incompréhension et la colère, sur place.

Lionel Verdié, qui a passé 32 ans à la SAM, aurait aimé que les candidats à la présidentielle se mobilisent pour l’entreprise :

"Personne n’est venu à part des gens de la région. Les élus locaux se bougent beaucoup. Ça fait mal, on a l’impression d’être abandonnés. Plus ça va, plus on est oubliés !"

"Ça devrait être le sujet de la fin de campagne", selon Olivier Besancenot

Nathalie a passé 26 ans dans l’entreprise. Selon elle, il y a une raison si les candidats ne sont pas venus les rencontrer: "Peut-être qu’on gêne. Ils ont parlé de réindustrialisation. On avait quelque chose qui fonctionnait, peut-être qu’il fallait l’améliorer ?"

"Ça devrait être le sujet de la fin de campagne", s'est de son côté indigné Olivier Besancenot sur RMC ce mardi, alors que le NPA fait partie des rares instances nationales à se mobiliser sur place. "On parle de sous-traitance de Renault, l'Etat est actionnaire, et a fait 1 milliard d'euros de bénéfices...", se désole-t-il.

Sandrine, salariée à la Sam depuis cinq ans, estime qu’il n’y a que les actes qui comptent: "Pour moi, c’est l’action qui est importante, donc s’ils sont à distance et qu’ils agissent, ça me va très bien. Le tout, c’est d’agir, c’est l’action, parce que les paroles, il y en a beaucoup !"

En signe de protestation, beaucoup ici à Viviez ne savent pas s’ils iront voter dimanche. Et ceux qui le feront, ce sera pour sanctionner la politique du président Macron.

Jean-Wilfrid Forquès (édité par J.A.)