RMC

"On est obligé de subir": la tension sur les carburants toujours palpable en Île-de-France

Malgré une situation qui s’est quelque peu améliorée dans plusieurs régions françaises, selon le gouvernement, certaines stations-service restent encore sous tension d’approvisionnement en carburants. Deux raffineries Total sont d’ailleurs toujours en grève.

Le week-end de chassé croisé des vacances de la Toussaint approche à grands pas, et ce alors qu’une partie des automobilistes reste toujours victime de la pénurie d'essence.

Si d'après le gouvernement, la situation s'est améliorée sur l'ensemble du territoire, dans 25 départements, plus de 20% des stations-service ont des difficultés d'approvisionnement. Hier, elles étaient même près de 10%, à l’échelle nationale, à ne plus vendre aucun carburant.

Des tensions persistent à l'échelle locale dans le Puy-de-Dôme, l'Ain, l'Yonne et surtout en Île-de-France. Cette persistance des difficultés en région parisienne s'explique notamment par le faible nombre de stations à disposition des automobilistes : il y en a seulement 8 pour 100 000 habitants.

"On est obligé de subir"

À Paris, un tiers des stations est complètement à sec, contre 16% dans les Hauts-de-Seine et un cinquième dans les autres départements de la petite couronne de la capitale.

Dans le Val-d'Oise, une station sur cinq ne vendait aucun carburant ce mercredi en fin de journée. Ali, un retraité rencontré à Bezons, énumère les stations en pénurie : “Ici il n’y en a pas, à Argenteuil il n’y en a pas, Sartrouville il n’y en a pas, Nanterre centre non plus”, raconte-t-il.

Chaque jour, ces périples pour trouver quelques gouttes d'essence agacent Marie, une automobiliste croisée à la pompe.

“Il faut dire stop, mais on est impuissant on ne peut rien faire. On est obligé de subir. Au final c’est un petit groupe en France qui bloque les raffineries, oui c’est pénible pour les gens”, déplore Marie, chargée de projet.

Si les tensions en Ile-de-France s’expliquent aussi par le fait que les Franciliens consomment plus de sans plomb que de gasoil, la grève au sein des deux raffineries Total de Gonfreville (Seine-Maritime) et de Feyzin (Rhône) n’aident pas à régler la pénurie de carburants à la pompe.

Les grévistes de Feyzin veulent aussi plus d'investissements

À la raffinerie de Feyzin, pas une goutte de carburant n'est sortie de l’installation depuis lundi. La CGT affirme qu'il y avait, ce mercredi 25 octobre, 90% de grévistes dans le service expéditions, chargé des livraisons de produits. Un service qui représente, en temps normal, 250 camions par jour.

Les revendications du syndicat ne portent plus sur les salaires après la proposition de la direction d'une augmentation de 7%. Les grévistes du site demandent désormais plusieurs embauches et des investissements dans le service. Ils ne reprendront le travail qu'après avoir obtenu gain de cause, assure le délégué syndical de la raffinerie.

Mais même si les deux sites restaient bloqués dans la durée, la tendance serait toujours à l'amélioration, estime un expert. Avec notamment la reprise à plein régime des deux raffineries Esso-ExxonMobil prévue en début de semaine prochaine.

Du côté de la raffinerie de Gonfreville (Seine-Maritime), qui alimente les stations en Île-de-France, les grévistes votent ce jeudi midi pour décider d’une suspension, ou non, du mouvement de grève.

Maryline Ottmann, Cassandre Braud, Kévin Gasser, Alexis Lalemant