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"On souffre": 6 mois après le drame, les délogés de la rue d'Aubagne se sentent abandonnés

Six mois après l’effondrement des deux immeubles de la rue d’Aubagne à Marseille qui a fait 8 morts, la situation des délogés est toujours précaire matériellement et psychologiquement.

Depuis le 5 novembre dernier, 311 immeubles sont en péril. Plus de 2.500 personnes ont été évacuées dans toute la ville. Selon la Mairie, plus de 600 personnes vivent toujours à l’hôtel et un millier de personnes a été relogé, pas forcément dans les conditions qu’elles souhaitaient.

"Pourquoi ils ne réagissent pas à notre souffrance?"

Aujourd'hui, de nombreuses victimes souffrent encore de détresse psychologique. Chaïma affirme être en grève de la faim depuis début avril. Elle refuse de réintégrer son immeuble comme le lui a demandé la mairie de Marseille.

"Il faut refaire toute la toiture de l’immeuble mais ils n’ont fait aucun des travaux. Ils ont évacué tout le monde et 20 jours après ils m’ont dit de rentrer. J’ai dit: ‘Madame, je n’ai pas de plafond’. Elle m’a dit de rentrer et d’appeler les pompiers. Depuis ce jour là je fais la grève de la faim et j’attends une réponse. Je demande à la mairie pourquoi ils ne nous répondent pas, pourquoi ils ne réagissent pas à notre souffrance? On souffre".

"Ce n'est pas normal qu’il n'y ait personne pour les aider"

Cette souffrance, Sandrine Rollengo qui fait partie des bénévoles qui soutiennent les délogés la côtoie au quotidien.

"Il n’y a que des situations comme ça. Que des personnes ou qui font la grève de la faim, ou qui ne sortent plus, ou qui se renferment chez eux, ou qui veulent se suicider et ce n’est pas normal qu’il n’y ait personne pour les aider mis à part les bénévoles. Même les bénévoles on n’est pas assez nombreux. Il y a tellement peu d’assistantes sociales que je pense que même ces gens là sont submergés. Ils ne peuvent pas recevoir toutes les personnes qui ont eu des problèmes ces derniers 6 mois".

La fondation Abbé Pierre estime que 100.000 personnes vivent encore dans des logements indignes à Marseille.

Lionel Dian (avec Caroline Petit)