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"On va enfin découvrir ce qu'est un prix juste": Bercy inflige une amende de 117 millions d'euros à Leclerc

Bercy assigne en justice l'enseigne de grande distribution Leclerc. Le ministère de l'Economie accuse l'enseigne de faire pression indûment sur ses fournisseurs à travers sa centrale d'achat belge.

Le torchon brûle entre le gouvernement et Leclerc. Bercy réclame 117 millions d'euros d'amende à l'enseigne l'accusant d'imposer chaque année des tarifs d'achat inférieurs à ses fournisseurs, dans la seule optique de faire baisser ses prix en magasin et sans contreparties pour ses fournisseurs. 

Le consommateur, grand gagnant

Dans les faits, le géant de la grande distribution aurait utilisé un procédé fondé sur de la rétorsion. Chaque année, Leclerc inviterait ses fournisseurs a vendre moins cher que l'année précédente. En cas de refus, le fournisseur serait menacé de déréférencement ou d'arrêt de commande. En clair, ses produits seraient radiés des rayons des magasins. Mais Leclerc n'augmenterai pas pour autant ses marges.

Le consommateur serait le seul gagnant puisqu'il verrait les prix de ses produits baisser en magasin d'année en année. En revanche, les perdants seraient les producteurs et les fournisseurs, vendant à perte, ne pouvant pas se passer de la diffusion proposée par l'enseigne.

"Le prix bas, c'est fini"

Une course agressive et illégale aux bas prix que dénonce Grégory Besson-Moreau, député LREM de l'Aube et rapporteur de la commission d'enquête sur les relations entre la grande distribution et les industriels: "L'impunité c'est fini. Il faut respecter l'ensemble de la chaîne, en amont comme en aval. Il faut respecter les agriculteurs qui se lèvent tôt le matin, qui en ce moment sont en pleines moissons. Le blé a un prix. Les betteraves ont un prix. La pomme de terre a un prix. Tout à un prix. Il faut respecter l'industriel qui achète ces produits bruts et donc respecter le concitoyen pour qu'il achète à un bon prix. Le prix bas, pour moi, c'est fini. On va enfin découvrir ce qu'est un prix juste". 

De son côté Leclerc affirme que les négociations visées concernaient de grands groupes multinationaux et non des petites et moyennes entreprises. L'enseigne dénonce ''une volonté politique du gouvernement". 

Alfred Aurenche avec Julien Vattaire