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Pâques, Pessah: comment concilier fêtes religieuses et confinement?

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L’équation n’est pas simple pour les croyants car beaucoup de ces fêtes sont habituellement célébrées en famille.

Une fête en famille... en plein confinement? Voici le dilemme qui se pose pour de nombreuses familles alors que Pessah, la Pâque juive, commence ce mercredi soir. 

Pour la Pâque juive, qui commence mercredi soir (et se termine le 16 avril), les familles sont invitées à ne pas se regrouper au-delà du foyer. "Pessah confiné, Pessah sécurisé", plaide le grand rabbin de France Haim Korsia. Pour "ne pas contaminer ceux qu'on aime le plus".

D'habitude pour Nathalie, Pessah est l'occasion d'un grand dîner familial avec une quinzaine de personnes. "C'est une chose conviviale.... Ce sera un tête à tête", sourit-elle, accompagnée de sa fille, Eden, 17 ans, qui appréhende cette nouveauté, comme la lecture de textes sacrés en hébreu qui doivent être lus à tour de rôle par les différents membres de la famille.

Pas d’inquiétude pour le grand rabbin de France. Des petits gestes suffiront à se rappeler que la famille n’est jamais très loin: "Le rituel de laisser le verre de vin sur la table peut être dédié cette année à l'absence de tous ceux qui ne sont pas là cette année et que l'on reverra, si Dieu veut, l'an prochain".

Déroger à certaines règles?

Se pose toutefois une question: est-il possible de passer outre la règle générale pendant les deux premiers repas (jours de fêtes identiques à des "Shabbat") de ne pas utiliser l'électricité ? Une application de visioconférence peut-elle être exceptionnellement utilisée, le temps, au moins, du dîner ("seder") ? A Jérusalem - où les magasins seront fermés exceptionnellement, état d'urgence oblige - quatorze rabbins ont publié un avis favorable, arguant qu'il s'agit d'être en contact avec les "personnes âgées" ou malades.

Mais le grand rabbinat d'Israël s'y oppose: on ne peut "profaner un jour férié". En France, ou vit la première communauté d'Europe, Haim Korsia affirme qu'"on ne peut déroger à la règle".

Mais des rabbins de tendance "libérale" (ceux qui par exemple autorisent le rabbinat aux femmes) vont organiser, un "seder digitalisé": les fidèles pourront se connecter à une plateforme et leur poser leurs questions. 

Mahauld Becker-Granier