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Parité: faut-il une égalité homme-femme dans les noms de rue?

La ville de Garches dans les Hauts-de-Seine a décidé de débaptiser deux rues et de les renommer avec des noms de femmes. Une idée qui a fait débat mercredi dans Estelle Midi sur RMC. En France, seulement 5% des rues portent des noms de femmes.

La ville de Garches (Hauts-de-Seine) a décidé de débaptiser deux rues portant le nom du Marquis de Morès et de Charles Devos, deux antisémites notoires. "Maire de Garches de 1925 à 1931, Charles Devos qui a donné son nom à une place du centre-ville, est connu pour avoir dirigé la librairie antisémite à Paris et les finances du Comité national antijuifs. Le marquis de Morès a, lui, créé la Ligue antisémite de France", rapporte Le Parisien.

Pour renommer ces rues, la mairie de Garches a lancé une consultation et appelle les habitants de la commune à choisir entre huit femmes: Simone Veil, Camille Claudel, Marie Cury, Lucie Aubrac, Blanche de Castille, Colette, Georges Sand et Marie Laurencin. Ils ont jusqu’au 30 mai pour donner leur préférence.

"Il n’y aura jamais assez de rues créées pour rééquilibrer"

"A une époque dans notre pays, l’antisémitisme avait pignon sur rue. On l’a combattu, on continue de le combattre, mais il faut montrer aux générations futures que ça a existé. Si ça a existé, ça peut revenir. Il ne faut pas débaptiser, il faut recontextualiser", a estimé le journaliste Thierry Moreau, mercredi, dans Estelle Midi sur RMC et RMC Story. Lui préfèrerait qu’une plaque explicative soit apposée à celle déjà existante pour expliquer le passé des deux hommes.

En France, à peine 5% des rues et 2% des boulevards portent des noms de femmes. "Il y a tellement d’hommages rendus aux hommes qu’on pourrait se demander ce qu’ont fait les femmes pendant tous ces siècles", a ironisé Fatima Benomar, militante féministe.

"Si on ne débaptise pas certaines rues, les noms de femmes vont rester très marginaux. Il n’y aura jamais assez de nouvelles rues créées pour rééquilibrer", plaide-t-elle de son côté.

"Ce qui me gêne dans cette liste, c’est qu’on remet toujours les mêmes noms", a néanmoins regretté Fatima Benomar.

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