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Pas encore “de visibilité sur la fin de cette grève” selon l’économiste Anna Créti

Invitée de la Matinale Week-End sur RMC, l’économiste spécialisée en question énergétique, Anna Créti, a estimé qu’il n’était pas encore possible de savoir jusqu'à quand les tensions vont durer dans les stations-service en France.

La situation dans les stations-service de l’Hexagone ne s’améliore pas. Samedi, le gouvernement estimait qu’une station sur cinq était “en difficulté”, tandis que les récits de d’automobilistes désoeuvrés s’accumulent ce week-end.

Au micro de Matthieu Rouault, l’économiste spécialisée en question énergétique, Anna Créti, a estimé qu’il n’y avait “pas de visibilité sur la fin de cette grève et donc sur un retour à la normale dans les réseaux de distribution" de carburants.

“Il y a tout un problème sur la négociation salariale, et donc la reconduction de la grève, mais il y a une ouverture sur le périmètre des demandes faites par les syndicats. Ils ne remettent pas trop en jeu la question des retraites mais se concentrent sur la question des salaires”, détaille Anna Créti

Dans le même temps, Anna Créti a pu expliquer en détails la situation actuelle sur l'approvisionnement en carburants des stations-service de l'Hexagone.

"Dans une période où l'on entend beaucoup parler de la sécurité des approvisionnements, il faut faire une différence entre la situation actuelle qui est due à une forme de rupture d'approvisionnement mais qui est sur les transports, la distribution (...)"

En résumé, "c'est un problème sur une partie nationale", et qui n'a donc rien à voir avec une rupture d'approvisionnement à l'échelle internationale qui serait par exemple causée par l'instabilité du contexte géopolitique.

Des infirmiers bloqués chez eux

Les infirmiers libéraux dans les Hauts-de-France ne peuvent d’ailleurs pas visiter tous leurs patients à cause de cette vive tension sur l’approvisionnement en carburant.

John Pinte, président du Sniil (Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux), affirme que des infirmiers du Pas-de-Calais “n’ont pas pu faire leur tournée”.

“Certains infirmiers aussi vont en Belgique chercher du carburant. (...) Mais on a des patients qui nécessitent des soins deux à trois fois par jour. Peut-être qu’à un moment, on va leur dire qu’on ne fera qu’un passage par jour, dans le meilleur des cas, et peut-être même certains n’auront plus de soins”

Les automobilistes vont donc devoir s’armer encore de patience dans les prochains jours pour faire le plein de leur véhicule.

Alexis Lalemant avec Matthieu Rouault