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Carburant: la grève se poursuit chez Total, "la direction refuse de discuter" selon la CGT

A l'initiative du mouvement de grève chez Total, la CGT demande notamment une revalorisation des salaires de 10% pour compenser l'inflation. Le syndicat compte bien faire durer le mouvement tant que la direction n'accepte pas de négocier.

Onzième jour de grève chez Total. Et la situation ne devrait pas s'améliorer ce vendredi. Les raffineries vont encore tourner au ralenti ou être même pour certaines à l'arrêt. Seule la raffinerie de Donges et la bioraffinerie de Grandpuits en Seine-et-Marne fonctionnent normalement. A l'initiative du mouvement, la CGT demande notamment une revalorisation des salaires de 10% pour compenser l'inflation.

Et pour l’instant, il n’y a pas d’amélioration en vue. Peu de carburant devrait encore sortir des raffineries Total ce vendredi. Pas une goutte même en Normandie ou dans le Rhône. Et toujours des blocages aux dépôts de La Mède et de Flandres. La grève est reconduite par les équipes, tous les jours.

Pas de pénurie selon le gouvernement

La CGT compte bien faire durer les choses si la direction ne veut pas négocier sur les salaires. Pour compenser, le groupe mise un peu plus sur les importations. Mais le prix des produits est plus élevé, et cela pourrait avoir un impact sur les tarifs à la pompe.

Des stations-service qui ont du mal à être approvisionnées. Une sur dix connaît des difficultés. Mais Total et le gouvernement refusent de parler de pénurie. Les stocks sont là, ils sont importants, mais ils ne sortent presque plus. Ce qui pousse l’Etat à piocher dans ses réserves stratégiques, dans les régions les plus en tension, comme dans les Hauts-de-France.

"On n’est pas là pour embêter les gens"

"Pour le moment, les salariés de Total Energies exercent un droit tout à fait légal, qui est même constitutionnel, c’est le droit de grève, explique Thierry Defresne, secrétaire CGT du comité d’entreprise européen de Total Energies, dans 'Apolline Matin' ce vendredi sur RMC et RMC Story. C’est le seul moyen en France qu’on a pour manifester son mécontentent. Depuis le début de ce mouvement, la direction de Total Energies refuse de se mettre à une table de négociation et d’entendre les revendications des salariés de Total. C’est silence radio. Il n’y a aucun contact. La direction refuse de discuter sur un rattrapage de 2022. Pour l’instant, la seule chose qu’elle envisage, c’est de négocier le 15 novembre pour les salaires de 2023."

"On n’est pas là pour embêter les gens, assure ce syndicaliste. On est là pour montrer à Total qu’il y a un mécontentement des salariés parce qu’il n’y a pas de partage des richesses dans cette entreprise. On attend, on n’a aucun contact. Ils ne veulent pas discuter avec nous, ils restent campés sur leur position. Cette grève est très suivie. Elle s’additionne aussi à celles en cours chez Exxon Mobil et Esso. Ces grèves se cumulent et provoquent ces perturbations. Les reconductions sont votées chaque jour. Je ne vais pas parler à la place des grévistes, je ne sais pas ce qu’ils vont décider. En tout cas, je ne prends pas beaucoup de risques en disant que c’est une grève qui s’ancre dans le temps."

Vincent Chevalier avec Guillaume Descours