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"Pour la famille, c’est un vrai soulagement": la justice suspend la peine d'Yvan Colonna

La justice a suspendu la peine du militant indépendantiste Yvan Colonna. Ce dernier est toujours dans le coma après son agression en prison à Arles.

La justice a accordé jeudi une suspension de peine "pour motif médical" au militant indépendantiste corse Yvan Colonna, après sa violente agression à la prison d'Arles début mars, a appris jeudi de source judiciaire.

Ses avocats avaient fait cette demande alors qu'Yvan Colonna est toujours hospitalisé entre la vie et la mort. La loi prévoit qu'une peine de prison puisse être suspendue en cas de pronostic vital engagé.

Soulagement pour la famille

La décision a été rendue par le juge d'application des peines antiterroriste, après avis favorable du parquet antiterroriste.

“Très concrètement, à l’heure où nous parlons, Yvan Colonna n’est plus prisonnier. Sa peine est suspendue, son écrou est levé. Les visites ne sont plus soumises à des restrictions du système pénitentiaire. Pour la famille, c’est un vrai soulagement. Il n’y avait pas de cadre légal pour qu’on traite Yvan Colonna comme on le doit, c’est-à-dire comme quelqu’un qui doit être soigné avant. Aujourd’hui, les choses sont rentrées dans l’ordre”, appuie un des avocats d'Yvan Colonna, Sylvain Cormier.

Yvan Colonna avait été très grièvement blessé par un autre détenu qui s'était acharné sur lui à la prison d'Arles le 2 mars. Il se trouve toujours dans le coma depuis, dans un hôpital à Marseille. Son agresseur Franck Elong Abé, qui purgeait plusieurs peines dont une de neuf ans d'emprisonnement pour "association de malfaiteurs terroriste", est mis en examen pour tentative d'assassinat terroriste depuis le 6 mars.

Définitivement condamné depuis 2012 à la perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac en 1998, Yvan Colonna est libérable en droit depuis 2021. Contrairement aux deux autres membres du commando Alain Ferrandi et Pierre Alessandri, il n'avait pas encore déposé de demande d'aménagement de peine à la date de son agression.

La rédaction avec AFP