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Pourquoi la une de Paris Match avec Robert Sarah fait polémique en interne

C'est la Une polémique du jour. Le cardinal guinéen Robert Sarah, qui s'autoproclame comme un catholique radical, est en couverture de Paris Match. Derrière, l'ombre de Vincent Bolloré plane.

Un cardinal à la Une de Paris Match. Ce jeudi, l'hebdomadaire propriété du groupe Lagardère a publié son numéro 3818. Sur sa couverture, le Guinéen Robert Sarah, qui pose depuis le Vatican avec ce titre: "Un homme de paix et d’influence".

Quand on feuillette le journal, c'est la plume du journaliste Philippe Labro qui raconte son histoire: celle d’un jeune prêtre en Guinée-Conakry qui devient le plus jeune évêque du monde en 1979, à 34 ans seulement. Personne d’autre ne voulait du poste: son prédécesseur venant d'être emprisonné par le pouvoir.

Le jeune évêque va alors devenir une des seules voix qui ose s’opposer au président Sékou Touré. Un dictateur qui avait signé un ordre pour que l'évêque soit empoisonné. Finalement, il ne l’a pas été: il a rejoint le Vatican, a travaillé auprès de trois papes: Jean-Paul II, Benoît XVI et François. À 77 ans, il est aujourd’hui un homme qui compte dans la cité-État papale.

L'ombre de Vincent Bolloré

Certains se demandent si son histoire mérite la Une de Paris Match. A commencer par les journalistes de l’hebdomadaire qui ont posé la question à leur rédaction en chef. Lesquels rédacteurs en chef qui eux-même étaient contre ce choix éditorial, qui leur a été imposé par la direction du groupe. C’est-à-dire Arnaud Lagardère, et derrière lui, très probablement Vincent Bolloré, actionnaire majoritaire du groupe Lagardère, dont Philippe Labro est un des proches.

La société des journalistes de Match s’est émue que le journal ait passé sous silence les positions les plus controversées du cardinal Sarah. L'article paru dans les colonnes de l'hebdomadaire se contente de le présenter comme un conservateur alors que lui-même se définit plutôt comme un "radical". Il a par exemple comparé le nazisme et le stalinisme aux idéologies actuelle sur l’homosexualité et l’avortement.

Voilà pourquoi les journalistes de match parlent d’un “choix périlleux” que d’avoir mis cet évêque à la Une. Et on apprend au passage, dans “Le Monde”, que désormais les Unes de match ne sont plus décidées par la direction du journal mais par la direction du groupe. Un groupe contrôlé par le très catholique et très conservateur Vincent Bolloré.

Nicolas Poincaré