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Remise de 15 centimes à la pompe: l'opposition dénonce une mesure électoraliste

Des pompes à essence à Lille, le 18 janvier 2022.

Des pompes à essence à Lille, le 18 janvier 2022. - DENIS CHARLET / AFP

Le gouvernement a annoncé une aide pour les automobilistes. Une remise de 15 centimes par litre pour les carburants à la pompe. Une mesure qui s'appliquera à partir du 1er avril pendant quatre mois.

Face à l’explosion des prix des carburants, le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé, au Parisien, une remise à la pompe de 15 centimes par litre qui s'appliquera à partir du 1er avril et pendant quatre mois pour tous les Français.

Cette mesure coûtera environ deux milliards d'euros à l'Etat et sera valable sur tous les carburants. Il bénéficiera à tous, ménages, particuliers, entreprises, routiers, agriculteurs, BTP, et la pêche aussi.

Un coup de pouce à la pompe à 27 jours du premier tour de la présidentielle, le timing fait tiquer Manon Aubry, de La France Insoumise.

“Ce n’est pas un hasard. Les prix de l’essence ça fait des mois qu’ils augmentent. Le gouvernement n’aurait pas dû attendre la veille du premier tour de la présidentielle. Ça fait six mois qu’on demande le blocage des prix”, appuie-t-elle.

Une mesure "dérisoire" pour Marine Le Pen

Remise en caisse pour tous les automobilistes peu importe leur revenu. Pourtant, cette mesure est très inégalitaire, explique Mélanie Vogel, porte-parole de Yannick Jadot. "Ça équivaut à un chèque de 70 euros pour une personne qui a une Clio et 140 euros pour une personne qui a un SUV. Donc c’est une mesure qui aide davantage les personnes qui ont des véhicules plus polluants. Ça n'a aucun sens”, estime-t-elle.

Mesure électoraliste, inégalitaire mais aussi complètement dérisoire, pour Marine Le Pen, la candidate du Rassemblement National.

“La baisse de 15 centimes par litre, ça n'est même pas à la hauteur des augmentations de taxe qui ont été décidées par Emmanuel Macron. Donc, à l'évidence, ça n’est pas à la hauteur de la situation d’aujourd’hui et peut-être même de demain”, affirme-t-elle.

"Je ne peux pas laisser dire que l'Etat s'en met plein les poches" répond Jean Castex. Le Premier ministre chiffre à 20 milliards d'euros le montant des aides en place pour compenser la hausse des prix de l'énergie.

Paul Barcelonne avec Guillaume Descours