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2020: les lunettes, les prothèses dentaires et auditives mieux remboursées

A partir de ce 1er janvier, l’achat de lunettes de vue et la pose de couronnes ou de bridge seront intégralement pris en charge par la sécu. L’objectif de cette réforme est de combattre le renoncement aux soins. Par exemple, 1 Français sur 10 ne s’achète pas de lunettes pour des raisons financières.

L’offre zéro reste à charge entre en vigueur ce mercredi 1er janvier. Si vous êtes affilié à la sécu et que vous avez une complémentaire santé, autrement dit une mutuelle, vous y avez droit. Vérifiez quand même que votre complémentaire est dite responsable, c’est-à-dire qu’elle a passé un accord avec l’Etat, mais c’est le cas de la plupart d’entre elles. Si vous avez la CMU complémentaire, ça marche aussi.

Comment ça marche?

Quand vous irez chez votre opticien muni de votre prescription, vous aurez le choix entre 17 modèles différents de montures en 2 coloris différents. Alors forcément, ce ne seront pas des grandes marques, seuls les montures standards, qui coûtent 30 euros, bénéficient de l’offre. Vos enfants auront eux le choix entre 10 modèles de montures en 2 coloris également.

Et donc ces montures seront intégralement remboursées, tout comme un choix de verres, des verres de qualité standard, là encore, même s’ils devront être amincis, anti-rayures, progressifs et anti-reflets.

Le dispositif est assez souple, donc si vous souhaitez quand même vous faire plaisir avec une monture de grande marque, vous pourrez opter pour un équipement mixte, avec des verres couverts intégralement et une monture à prix libre, et donc en payant la facture. Dans ce cas le remboursement sera limité à 100 euros pour la monture. Et selon le contrat que vous avez avec votre mutuelle, il faudra avancer les frais, ou vous pourrez bénéficier du tiers-payant.

La prise en charge s’améliore aussi pour les prothèses dentaires

Les couronnes et les bridges sont désormais intégralement remboursés mais pour les dentiers, il faudra attendre l’année prochaine. Pour faire simple, l’offre zéro reste à charge couvre les couronnes et les bridges en céramique ou en zircone pour les incisives, les canines et les prémolaires, donc des matériaux de couleur blanche pour les dents du sourire, et pour les dents du fond il faut se contenter de couronnes métalliques, sauf si vous souhaitez payer la facture. L’offre zéro reste à charge n’est évidemment pas obligatoire.

Les dentistes promettent que les prothèses seront de la même qualité qu’avant. Et pour que vous puissiez faire votre choix en ayant tout compris, ils doivent désormais vous proposer un devis type, qui est censé être facile à lire.

Les aides auditives sont aussi mieux remboursées

Aujourd’hui le prix moyen d’un appareil auditif est de 1.500 euros par oreille. Le reste à charge était jusqu’à présent de 650 euros pour l’assuré. Autrement dit, c’est ce qui lui restait à payer après les remboursements de sa sécu et de sa complémentaire. Désormais, ce reste à charge descendra à 400 euros en moyenne, c’est la promesse du gouvernement. Ca reste encore beaucoup, pour un remboursement complet des prothèses auditives, il faudra attendre le 1er janvier prochain.

Là encore, les équipements concernés par l’offre doivent répondre à des critères de qualité, tant sur le plan technique qu’esthétique. Avec notamment 12 canaux de réglage minimum et plusieurs options, comme le bluetooth ou un réducteur du bruit du vent. Ils seront garantis 4 ans et les patients pourront les essayer 1 mois avant un achat définitif.

Aujourd’hui, il y a 6 millions de malentendants en France, seul un tiers d’entre eux est équipé. C’est inférieur à la moyenne européenne pour le moment. Mais les professionnels misent sur un afflux de patients désireux de s’équiper, voilà pourquoi ils ont accepté de baisser leurs marges. L’objectif de la réforme est d’attirer un million d’utilisateurs supplémentaires.

Mais comme rien n’est gratuit, les mutuelles ont déjà répercuté la hausse des remboursements sur les cotisations payés chaque mois par les patients.

Une réforme à un milliard

La réforme va coûter un milliard d’euros d’ici à 2023, un tiers sera supporté par la sécu et deux tiers par les mutuelles, et donc ces dernières ont manifestement relevé leurs tarifs pour compenser ces nouvelles charges. Selon le cabinet d’étude Facts and Figures, depuis un an, les contrats d’entrée de gamme ont augmenté de 10%, donc pour les Français les plus concernés par la réforme.

Mais ce n’est pas fini : les cotisations s’alourdiront aussi comme chaque année de 3% à cause de la hausse des prix des soins, c’est automatique, et aussi éventuellement, pour les contrats individuels, jusqu’à 3% en fonction du vieillissement du patient : plus vous êtes âgé, plus la hausse annuelle est lourde. Donc au final, le coût annuel d’une complémentaire santé pourrait flamber de 10 à 15% pour les nouveaux assurés ou lors des renouvellements de contrat selon le cabinet d’étude.

Victor Joanin (avec J.A.)