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A Tuchan, l'incompréhension des habitants après le refus de l’administration de l’arrivée d’une médecin vénézuélienne

A Tuchan, les habitants sont en colère. Alors que la mairie avait réussi à convaincre une jeune médecin vénézuélienne de venir s'installer dans ce village de l'Aude, l'administration fait barrage.

Le village de Tuchan, 800 habitants, est un désert médical avec un seul médecin pour 2.000 patients dans le secteur. Après des mois de recherches, les élus ont réussi à convaincre une jeune médecin vénézuélienne, motivée et déterminée à s’installer dans les Corbières.

Un bon timing car sans médecin recruté rapidement, la maison pluridisciplinaire de santé fermera ses portes le 1er septembre. Mais l'administration refuse son installation. mercredi, 600 habitants, de Tuchan et de villages voisins, ont manifesté pour réclamer un médecin supplémentaire.

Comme tous les habitants, Nadine se mobilise pour qu’il y ait un second médecin dans le secteur: "On en a assez, il faut qu’on ait un toubib, et on se moque pas mal qu’il ne soit pas européen, s’il est d’ailleurs, on prend le médecin quel qu’il soit".

"C'est un gâchis"

Car ce qui pose problème c’est la nationalité de la candidate, elle est originaire du Venezuela. Depuis 4 ans, Laya Sanchez est la seule médecin à Tuchan, elle estime que sa jeune consœur a été très bien formée à Barcelone: "C’est un médecin qui a réussi son diplôme avec une mention très bien, avec 20/20, elle est très capable, très investie, elle a l’énergie, la force, tout ce dont on a besoin, et on ne la laisse pas commencer, c’est vraiment un gâchis".

Le maire de Tuchan, Jean Francois Casoliva, ne comprend pas pourquoi l’ordre des médecins et le Ministère font barrage alors qu’au plus haut sommet de l’Etat on plaide pour la fin des déserts médicaux: "Le président de la République a annoncé il n’y a pas longtemps que cela allait disparaître ça. Et pour l’instant, il y a rien qui disparaît. On marche sur la tête, je suis très en colère contre ces gens-là".

Le maire doit rencontrer le préfet le 3 juin prochain pour essayer de débloquer la situation.

Jean-Wilfrid Forquès (avec P.B.)