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Addictions: "Les dégâts des jeux vidéo ne sont pas comparables aux dégâts provoqués par l'alcool et le tabac"

Une campagne de prévention du gouvernement met l’addiction aux jeux vidéo au même niveau qu'alcool et tabac. Une position, que relativise Olivier Duris, psychologue clinicien à l'hôpital de jour André Boulloche à Paris et invité de la matinale de Jean-Jacques Bourdin.

"Jeux vidéo, alcool, tabac. Je dis non aux addictions!": tel est message diffusé par le gouvernement pour sa nouvelle campagne de prévention contre les addictions.

"Les effets délétères sur le cerveau on ne les voit pas tant que ça"

Sous la forme d’un livret de 16 pages, destiné aux 10-13 ans et à leurs parents, le message a été rédigé par la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca).

Une campagne de prévention qui place donc au même niveau l’addiction aux jeux vidéo que celle de l’alcool et du tabac. Or, pour Olivier Duris, psychologue clinicien à l'hôpital de jour André Boulloche à Paris, les effets nocifs ne sont pas comparables: "Les effets délétères sur le cerveau on ne les voit pas tant que ça. Les dégâts des jeux vidéo ne sont pas comparables aux dégâts provoqués par l’alcool et le tabac".

"Il n’y a pas de syndrome de manque, de sevrage ou de risque de rechute"

Même si en juin 2018, l’addiction aux jeux vidéo a été formellement reconnue comme maladie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pour le psychologue, celle-ci est à relativiser.

"Pour ceux qui parlent d’addiction pour les jeux vidéo, il faut parler d’addiction comportementale. Or, ce n’est pas la même chose que l’alcool et le tabac donc il y a bien une différence. La différence est qu’il n’y ait pas de produit lorsqu'on parle de jeux vidéo, il n’y a pas la consommation de quelque chose. Il n’y a pas de syndrome de manque, de sevrage ou de risque de rechute".
Bourdin Direct (avec C.P.)