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Scandale Buitoni: des traces de la bactérie E.coli détectées dès 2021 avant les contaminations

De nouvelles informations ont été dévoilées jeudi soir dans l'affaire Buitoni. Envoyé Spécial a révélé que des traces de la bactérie E.coli avaient été détectés en août 2021 dans la farine de l'usine et qu'un rapport d'inspection notait, en 2020, de graves problèmes d'hygiène. Au total, deux enfants sont morts et des dizaines de familles ont été intoxiquées après avoir consommé des pizzas Buitoni. RMC avait révélé ce scandale sanitaire en mars 2022.

Les révélations continuent dans l'affaire Buitoni et ses pizzas contaminées ayant conduit à la mort de deux enfants. RMC avait révélé ce scandale sanitaire en mars 2022, avec le témoignage d'une maman dont la fille est tombée très malade après avoir mangé une pizza Buitoni. Une information judiciaire a été ouverte en mai: En tout, 56 cas d'intoxications alimentaires à E.coli et 35 plaintes au total pour homicides et blessures involontaires ont été recensés.

Ces intoxications auraient-elles pu être évitées? Jeudi soir, le magazine d'investigation de France 2 "Envoyé spécial" a consacré une partie de son émission à l'affaire. Il a mis la lumière sur des documents montrant que de graves problèmes d'hygiène dans l'usine d'où sont sorties ces pizzas avaient été signalés dans un rapport d'inspection en 2020.

Des traces de la bactérie détectées en août 2021

Pire encore, selon un document interne du 12 septembre et dévoilé dans l'émission, des traces de la bactérie E.coli avaient déjà été détectées dans la farine en août 2021.

Des révélations difficiles à comprendre pour les familles de victimes. "Il y a un sentiment de colère quand on voit les images qui ont été diffusées, l’état d’insalubrité de l’entreprise, la formation à la propreté du personnel. C’était vraiment du document officiel qu’on n’avait même pas encore vu qui montre effectivement que les négligences existaient bien et que le personnel alertait et que la direction ne réagissait pas", explique Yohan Aiech, le père d'un enfant décédé en février après avoir mangé une pizza Buitoni.

Il "veut que les choses soient bien faites, avec sérieux et qu’on puisse enfin avancer".

En juin, le magazine d'investigations Disclose avait dévoilé qu'en septembre 2020 déjà, les services de l’État évoquaient dans un rapport de 11 pages de "nombreux manquements" aux règles d’hygiène. Un plafond sale et souillé, une gaine d’aération malpropre ou encore des portes de congélateurs couvertes de glace, ce qui pourrait indiquer des défauts d’étanchéité. L'usine avait écopé d'un avertissement.

L'usine a continué de produire malgré les alertes

Pourtant, cela n'a pas empêché l'usine de continuer à produire. Ni en 2020 après ce rapport, ni en 2021 après avoir noté la présence de la bactérie E.coli.

"Malgré cela, non seulement le groupe n’a pas cru bon de devoir informer les autorités françaises de ce risque énorme pour la santé de tous les consommateurs français, mais il a continué à produire sciemment en mettant en danger les consommateurs", déplore Pierre Debuisson, avocat de familles victimes de la contamination de ces pizzas. Il ajoute: "Le groupe se retrouve sciemment à l’origine de la mort de deux enfants et de graves intoxications de ces dizaines de familles partout en France".

Maître Pierre Debuisson réclame 250 millions d'euros à Nestlé, à qui appartient la marque Buitoni. De son côté, le groupe a annoncé, en septembre, qu'une des deux lignes de production de l'usine concernée pourrait redémarrer en novembre 2022 "sous réserve de l'accord des autorités".

AB