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"Des dizaines de vies anéanties": un avocat de victimes de Buitoni réclame 250 millions d’euros

Me Pierre Debuisson, qui représente 55 victimes du scandale Buitoni, réclame 250 millions d’euros à Nestlé. Dans "Apolline Matin" ce mardi sur RMC et RMC Story, il dénonce une nouvelle fois la responsabilité directe de la société dans cette affaire des cas graves d’intoxication alimentaire.

Nestlé doit payer. C’est la certitude de Me Pierre Debuisson, avocat de 55 victimes du scandale Buitoni, plus de six mois après l’explosion de cas graves d’intoxication alimentaire, provoqués par des pizzas surgelées de la marque contaminées par la bactérie E.coli. Deux enfants sont morts, des dizaines d’autres ont été gravement touchés. "Aujourd’hui, nous sommes dans une situation intolérable", explique l’avocat, qui réclame "une indemnisation pour faute lourde et une réparation des préjudices à la hauteur du drame humain". "Des parents ont dû débrancher leurs enfants, qui étaient sous respirateurs, victimes d’hémorragies cérébrales, et qui sont décédés. Des enfants de 2 ans et demi, de 8 ans. Il y a des dizaines de vies qui ont été anéanties", souligne Me Pierre Debuisson, qui cible la responsabilité "directe" de Nestlé.

"On a l’habitude de parler de ce chiffre de plus de 50 enfants qui ont été intoxiqués, comme si c’était des enfants qui avaient été victimes d’une maladie bénigne, d’une grippe hivernale… Mais pas du tout. Ce sont des enfants dont la vie a été anéantie, avec des séquelles irréversibles. Et tout cela à cause de manquements répétés, provoqués directement par la société Nestlé France, qui n’a pas tenu compte des divers avertissements qui avaient été donnés par les autorités sanitaires, dès septembre 2020. Elle a même donné des consignes aux salariés pour réduire le temps de nettoyage de tous leurs sites de production, notamment l’usine de Caudry (Nord)."

"Potentiellement, tous les Français étaient menacés par l’inconséquence de Nestlé"

"Il y a une responsabilité directe, incontestable, ajoute Me Pierre Debuisson. C’est une société qui a, dans une logique capitalise, cherché à produire toujours plus, en sacrifiant la sécurité alimentaire des Français. C’est arrivé à une cinquantaine de familles mais réparties sur l’ensemble du territoire. Ça aurait pu arriver à n’importe qui. Potentiellement, tous les Français étaient menacés par l’inconséquence de Nestlé qui a décidé de sacrifier cette sécurité alimentaire. Certains salariés, qui étaient pétri dans le silence, probablement en raison de la culture de la peur de cette société, ont fini par dénoncer les conditions de production intolérables. Nestlé a demandé à ce que la cuve, dans laquelle la farine était entreposée, ne soit plus nettoyée."

Nestlé a demandé la réouverture de l’usine de Caudry, où ont été fabriquées les pizzas de la gamme Fraich’up qui ont provoqué ces graves intoxications alimentaires. "Inadmissible" pour l’avocat de ces familles de victimes.

"Nestlé a gardé un silence assourdissant pendant six mois, n’a pas exprimé le moindre mot de compassion, de respect, vis-à-vis des victimes endeuillées, rappelle Me Pierre Debuisson. Ils ont attendu plus de six mois avant de s’exprimer. Le fait qu’ils demandent la réouverture de cette usine montre qu’ils n’ont absolument rien compris, qu’ils sont toujours dans cette logique de faire toujours plus d’argent. C’est inadmissible et scandaleux. Quand on voit l’arrêté préfectoral qui a été pris, qui dénonce des conditions d’hygiène complètement dégradées… Tous les Français ont vu les photos avec les champignons, les asticots, les cigarettes écrasées… C’est totalement inadmissible."

LP