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Aide-soignant en garde à vue soupçonné de violences dans un Ehpad: l'inquiétude des familles des pensionnaires

Un aide-soignant d'un Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) d'Arcueil dans le Val-de-Marne était toujours en garde à vue jeudi, soupçonné d'avoir maltraité et violenté une pensionnaire de l'établissement âgée de 98 ans.

La vieille dame de 98 ans a vécu deux nuits d'horreur. Ce sont d'abord des insultes qui fusent de la bouche de cet aide-soignant. Lui veut lui administrer un médicament, elle semble s'y refuser. Une fois le remède ingéré, l'homme gifle la vieille dame, qui crie et éclate en sanglots.

La nuit d'après, la pensionnaire est alors tombée de son lit. L'aide-soignant entre, lui tire les cheveux pour la redresser, avant de la jeter brusquement sur le lit. Selon Le Parisien, qui a eu accès au compte-rendu de la garde à vue. L'homme, confronté à ses vidéos, refuse de les regarder, tourne même la tête, "Non ce n'est pas moi sur les images" assène-t-il. Tout juste aurait-il reconnu des insultes. Il est désormais soupçonné de violence volontaire sur personne vulnérable.

"Ca fait froid dans le dos"

Jeudi, la direction de l'Ehpad, La Maison du Grand Cèdre, a reçu les familles des 85 pensionnaires pour tenter de les rassurer. Mais la nouvelle, forcément, a secoué tout le monde. Il y a d'abord eu le choc. La violence des faits: "Ca fait froid dans le dos. Je n'arrive pas à comprendre comment ça peut arriver. Je trouve ça tellement affreux qu'on puisse taper une vieille dame de 98 ans que ça me révolte", s'insurge François dont le père réside dans cet Ehpad depuis 5 mois.

Puis la colère et les questions. François ne comprend pas que le personnel ne se soit rendu compte de rien: "Ce qui est arrivé à cette dame, ça fait plusieurs mois que ça durait. Elle avait des hématomes, des bleus à la joue, à la tête, aux bras, aux jambes. On disait qu'elle avait dû tomber. Je ne comprends pas que personne n'ait pu avoir une alerte".

Cet aide-soignant travaillait ici depuis 9 ans, uniquement la nuit. Ce qui explique que les familles ne le connaissaient pas. Mais la direction assure qu'il n'avait jamais fait parler de lui auparavant. Chantal, dont la maman réside ici, veut continuer à faire confiance à l'équipe: "Ce n'était pas prévisible, c'était apparemment une personne très appréciée par certains résidents. Le personnel fait tout ce qu'il peut. Il y a des choses qui passe au travers".

Une confiance intacte. Mais Chantal admet tout de même qu'elle dorénavant beaucoup plus vigilante. Et surveillera de près l'état physique de sa mère.

Marie Régnier et Alfred Aurenche