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"Aidez-nous": l’appel des soignants de l’hôpital Saint-Louis, en manque de personnel

Dans "Apolline Matin" ce mardi sur RMC et RMC Story, le Dr Jehane Fadlallah alerte sur le manque de personnel à l’hôpital Saint-Louis (Paris) et l’état général du service public hospitalier "au bord de l’effondrement".

Un service "de pointe" qui risque la fermeture, faute d’infirmières. C’est la situation de l’immunologie clinique à l’hôpital Saint-Louis, dans le 10e arrondissement de Paris. "Nous n’avons plus de personnel de nuit qualifié, explique le Dr Jehane Fadlallah dans ‘Apolline Matin’ ce mardi sur RMC et RMC Story. Nous avons besoin de douze infirmières de nuit pour pouvoir faire tourner le service, qui comporte 23 lits. A l’heure actuelle, nous avons deux infirmières sur douze. Ça fait plusieurs mois que cette situation dure. Comme il nous faut une infirmière pour cinq patients, c’est impossible pour 23 lits."

Un exemple parmi d’autres en France. "Si ça se passe chez nous, dans un hôpital de pointe, un service de référence avec des patients qui viennent de toute la France et d’Outre-mer, ça se passe dans toute la France", assure le Dr Jehane Fadlallah. Pour compenser les départs de ces infirmières de nuit, leurs collègues de jour s’organisent. "Depuis plusieurs mois, notre équipe de jour, qui est exceptionnelle, qui est tellement investie dans le service et qui a tellement peur qu’il ferme, fait des nuits en plus des jours, raconte la spécialiste en médecine interne. Elles sont quatorze de jour, elles alternent le jour et la nuit. Nous avons dû réduire le nombre de lits pour pouvoir accueillir des gens." Et la difficulté pour recruter persiste.

"Il faut que les gens et les consciences se réveillent"

"Notre problématique particulière, c’est les infirmières de nuit, souligne le Dr Jehane Fadlallah. Le travail de nuit est pénible, mal rémunéré, pas valorisé. Ce sont des mesures faciles à mettre en place. Je suis soignant, je ne suis pas femme politique. Ce qu’il faut, c’est donner les moyens à l’hôpital pour faire des réformes de fond, structurelles. Il faut que des gens qualifiés, des auditeurs, des économistes de la santé, viennent sur le terrain. Nous voulons les mobiliser pour qu’ils viennent nous aider. C’est super de travailler à l’hôpital, on adore notre métier."

Et les soignants de l’hôpital Saint-Louis lancent un appel aux finalistes de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, mais aussi à tous les Français. "Aidez-nous, venez à l’hôpital, envoyez des gens sur le terrain. On ne peut pas gérer un hôpital comme une entreprise. Il s’agit de vies humaines. L’hôpital est un bien commun, qui appartient à tous les citoyens. Nous sommes en sous-effectif chronique. L’hôpital est au bord de l’effondrement. Il faut que les gens et les consciences se réveillent. Tout le monde peut tomber malade, tout le monde aura besoin de l’hôpital un jour. La France a la chance d’avoir ce système hospitalier public qui accueille tout le monde. Il faut qu’on le sauve. Il faut nous aider. Nous appelons les citoyens à nous aider."

LP