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Présidentielle: comment Emmanuel Macron et Marine Le Pen abordent les derniers jours de campagne

Le président sortant Emmanuel Macron a décidé, à six jours du second tour de l'élection présidentielle, de multiplier les déplacements pour se montrer proche des Français. Marine Le Pen, elle, veut prouver qu'elle n'est pas obtuse, notamment sur la question du port du voile.

Emmanuel Macron prend tous les risques dans la dernière ligne droite de cette campagne. C'est lui qui en a fait la demande selon l'un de ses conseillers. "Emmanuel Macron est au milieu de la foule, là où il n'a pas toujours fait de bons scores au premier tour. Il cherche la confrontation, la prise de risque au maximum", selon ce proche du candidat qui prend l'exemple de Strasbourg mardi dernier. “Quand c'est réussi, ça donne de bonnes images”, résume-t-il.

Et cette campagne à "portée de baffe" comme disent certains va continuer, à en croire l'entourage du président-candidat. Dans les prochains jours, des déplacements, promet son entourage, qui vont être en rupture totale avec le début de sa campagne à Poissy, où il avait tenu une longue conférence de presse, loin du terrain.

Cela doit reprendre mardi matin après la pause de Pâques, avec une visite prévue sur les terres de Jean-Luc Mélenchon. Probablement à Saint-Denis, où le candidat de la France insoumise a recueilli 61% des voix au premier tour. "On ne fait pas comme en 2017, explique l'entourage du candidat. Cette fois, on tend la main à ceux qui ont été éliminés au 1er tour, c'est un message aux électeurs. On leur dit qu'on est capable d'enrichir. La limite de l'exercice, c'est que personne ne soit vraiment satisfait", analyse le conseiller.

Marine Le Pen ouverte sur la question du voile

Emmanuel Macron veut montrer qu'il est capable d'enrichir son programme alors que de l’autre côté, Marine Le Pen, elle, est capable de l'infléchir. Notamment sur l'interdiction du voile. Plusieurs des soutiens de la candidate ont confirmé ces dernières heures que Marine Le Pen était prête à de la souplesse sur cette proposition. "On n'est pas des méchants. Il faut être pragmatique”, explique l'un de ses plus proches conseillers. “Marine Le Pen a dit qu'elle n'était pas bornée sur ce sujet. Comme sur la double nationalité", ajoute-t-il.

Celui qui conseille la candidate précise que ce sera au Parlement de déterminer les conditions d'application de l'interdiction du port du voile. “On ira aussi loin qu'on peut. S'il y a des obstacles politiques ou juridiques, on verra”, confie-t-on. Sauf que les proches d'Eric Zemmour, voient dans ce "pragmatisme", un reniement. "Elle a décidé de poursuivre sa normalisation, c'est la déception, commente-t-on dans le camp Zemmour. Au moins Eric, lui, était franc, honnête et solide sur ses appuis.”

Le service politique de RMC