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Alcool pendant la grossesse: "Les dégâts sur le cerveau de l'enfant peuvent être catastrophiques"

800 nouveaux-nés sont touchés par le syndrome d'alcoolisation foetale chaque année.

800 nouveaux-nés sont touchés par le syndrome d'alcoolisation foetale chaque année. - FRED TANNEAU - AFP

"Zéro alcool pendant la grossesse". C'est le message de la nouvelle campagne d'information lancée par Santé publique France et la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives. Cette campagne marque la Journée mondiale de sensibilisation au Syndrome d'alcoolisation foetale, qui touche 800 nouveaux-nés chaque année en France.

Catherine Metelski est présidente de l'association Vivre avec le SAF, le syndrome d'alcoolisation du foetus. Pour elle, il faut impérativement de la prévention.

"On entend trop souvent encore des gens dire 'oh tu peux bien boire une petite coupe de champagne, ça fait pas de mal’, c’est pas vrai! En fonction de la sensibilité de l’alcool à la femme, en fonction du moment de sa grossesse où elle va boire, les dégâts sur le cerveau de l’enfant à naître peuvent être catastrophiques. Au fur et à mesure de la croissance de l’enfant, il va commencer à développer des retards des acquisitions. Il aura des difficultés de motricité par exemple, il marchera plus tard que les autres. Le problème c’est que leur cerveau a été atteint par l’alcool, qu’ils en ont des lésions qui ne disparaîtront pas."

Un manque de prévention criant

L'abstinence est prônée par les pouvoirs public depuis le début des années 2000 mais le risque reste, semble-t-il, sous estimé. Seul un quart des Français affirme que la consommation d'alcool pendant la grossesse est risquée pour l'enfant, selon une enquête de Santé publique France. L'alcool est aujourd'hui la principale cause de handicap mental non génétique. En mars 2016, l’Académie nationale de médecine dénonçait "un retard important" dans l’information, la prévention et la prise en charge de ces troubles, par rapport aux pays anglo-saxons, parlant même d’un "fléau de santé publique".

C.V.