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Annulation de la foire de Châlons: le commissaire général de l'événement dénonce une décision "prise sans référence à la réalité du terrain"

L'annulation de la deuxième foire agricole de France qui reçoit chaque année entre 250.000 et 270.000 visiteurs, est une vraie désillusion pour tous les acteurs économiques de la région et les exposants.

La préfecture de la Marne a annoncé son refus d'accorder une dérogation pour pouvoir accueillir plus de 5000 personnes lors de la 74ème Foire agricole de Châlons. Un refus qui vaut pour annulation, si la préfecture ne revient pas sur sa décision. Car, sans ses nombreux visiteurs, la deuxième foire agricole de France qui en reçoit chaque année entre 250.000 et 270.000, n'est pas rentable. 

Et devant le parc des expositions de Châlons-en-Champagne quelques ouvriers commencent déjà à démonter une des halles. Laurent Larcher fait chaque année partie des exposants : "Les montages stoppés, c’est triste de voir ça parce que d’habitude c’est la cohue partout".

Il dirige une entreprise de rénovation d'intérieur. La foire lui permet d'habitude la moitié de ses commandes pour l'année : "S’il y a une chute de 55% du chiffre d’affaires je ne vois pas comment je pourrais faire autrement que de baisser les effectifs de 30 à 40%. Mes collègues et moi-même on vit ça comme une catastrophe".

"Imaginons qu’un cluster se développe à la suite de cette foire, ce serait une catastrophe"

C'est tout le tissu économique local qui va être gravement touché...Les entrepreneurs mais aussi l'hôtellerie et la restauration explique inquiet Ludovic Vachet, le président de l'Union commerciale de Châlons : "Toute les chambres de l’hôtel de Chalons et des alentours sont réservées tous les ans pour la foire. C’est une catastrophe, les chambres vont se retrouver vides, il y en a qui vont disparaître, c’est une certitude".

"Une décision a été prise par une technostructure sans référence à la réalité du terrain. Notre région qui a souffert peut aujourd’hui se féliciter de la situation. Tous les clignotants étaient au vert, mais la décision a été prise très loin du terrain, on n’a pas su regarder la réalité du terrain", déplore de son côté le Commisaire général de la foire de Châlons-en-Champagne, Bruno Forget.

Côté municipalité, si la déception est au rendez-vous, ce sont des décisions d'élus à assumer explique Augustin Delavenne premier adjoint de la mairie : "Il est de notre responsabilité de collectivité de prendre les meilleures décisions pour l’avenir. Imaginons qu’un cluster se développe à la suite de cette foire, ce serait une catastrophe". La mairie promet d'accompagner les entreprises qui avaient déjà engagé des frais dans cette foire.

Mahauld Becker-Granier (avec Guillaume Dussourt)