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Apnée du sommeil: risque d'interférences entre des masques Philips et des implants médicaux

14 cas d'interférences entre des masques pour l'apnée du sommeil du groupe Philips et des implants médicaux, ont été signalés. Des cas qui interviennent alors que le groupe néerlandais tarde à rappeler de nombreux appareils contre l'apnée du sommeil défectueux.

C'est la suite de l'affaire des appareils respiratoires défectueux du groupe Philips, révélée en février dernier par RMC. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé qu'un risque d'interférences entre les masques avec aimants Philips pour les appareils respiratoires contre l'apnée du sommeil et des dispositifs médicaux implantés métalliques, comme des stimulateurs cardiaques, a été signalé par le groupe néerlandais.

Des interférences pourraient survenir "lorsque les patients ou l'un des membres de leur foyer portent des dispositifs implantés métalliques et sont susceptibles de se trouver à proximité de ces masques contenant des aimants (à une distance inférieure à 15 cm)" et "entraîner un dysfonctionnement" des implants, selon un communiqué de l'Agence nationale de la sécurité du médicament.

Des interférences avec des pacemakers

Quatorze cas ont été signalés dans le monde, majoritairement aux Etats-Unis, précise l'ANSM. En France, un cas a été rapporté par le fabricant le 19 septembre, "sans conséquence pour le patient", selon l'agence. Cinq modèles de masques sont concernés: masque facial Amara View à contact minimal, masque facial DreamWear, masque nasal DreamWisp avec coussin sur le nez, masques nasaux Wisp et Wisp Youth, masque de traitement 3100 NC/SP.

Une large palette d'implants médicaux métalliques est susceptible de subir des interférences: pacemakers; implants, électrodes, valves métalliques et magnétiques dans les membres supérieurs, stents métalliques, implants oculaires, pompes à insuline, notamment. Les patients utilisant ces masques et portant - eux, ou quelqu'un de leur entourage - un dispositif médical métallique implanté doivent contacter leur médecin pour prendre conseil et leur prestataire de santé à domicile pour les faire remplacer par d'autres sans aimant, indique l'ANSM.

Un rappel de respirateurs qui tarde à se concrétiser

Cette alerte intervient dans le sillage de l'affaire des respirateurs défectueux pour l'apnée du sommeil de Philips. Depuis juin 2021, le groupe néerlandais a été contraint d'engager une campagne massive mondiale de rappel de plusieurs modèles défectueux de respirateurs utilisés notamment par des patients souffrant d'apnée du sommeil.

Ces appareils, utilisés par quelque 350.000 patients en France et 1,5 million dans toute l'Europe, contiennent une mousse insonorisante. Philips a remarqué que des particules sortaient de certains appareils et pouvaient être inhalées ou ingérées par le patient, pouvant provoquer irritations et maux de tête. Le groupe avait aussi évoqué en juin 2021 un risque "potentiel" de cancers à long terme. Interrogé par RMC en février dernier, un malade soupçonnait cette mousse d'être à l'origine de son cancer des ganglions. Depuis, Philips tarde à remplacer les appareils défectueux alors que l'ANSM avait demandé à l'entreprise d'accélérer le remplacement de ses machines.

Le parquet de Paris s'est saisi depuis juin de plusieurs plaintes pour tromperie aggravée et mise en danger de la vie d'autrui déposées par des patients dénonçant ces respirateurs. Le groupe néerlandais a annoncé, la semaine dernière, un creusement de ses pertes au troisième trimestre, principalement par une importante charge pour le rappel des appareils défectueux, et annoncé la suppression d'environ 4.000 postes. L'entreprise est aussi concernée une affaire de défibrillateurs "potentiellement" défectueux, comme le révélait RMC ce vendredi matin.

https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez avec AFP Journaliste RMC