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Après le covid, les restaurants vont-ils accélérer leur transformation numérique?

Chaque matin, Anthony Morel nous présente des tendances et astuces tech.

Pour beaucoup de restaurants, cette nouvelle étape du déconfinement qui commence mercredi sera peut-être l’occasion d’engager ou d’accélérer leur transformation numérique. On peut prendre quelques exemples. Les menus, qu’on n’a plus envie de se passer de main en main et qui se sont numérisés, les menus par QR code qu’on commence à connaître.

Mais on peut aller beaucoup plus loin. Des menus en réalité augmentée qui permettent de regarder un plat sous toutes ses coutures avant même qu’il ne soit dans notre assiette. Une application qui s’appelle “Kabaq”. Par exemple, si vous hésitez entre la crème brûlée et le tiramisu, vous pointez le smartphone sur votre assiette vide, et les plats vont s’afficher sur l’écran de votre smartphone, vous avez l’impression qu’ils sont dans votre assiette. Vous pouvez le faire tourner, zoomer. C’est un principe assez visuel et gourmand pour se mettre en appétit, ça permet aussi de voir à quoi ressemble un plat qu’on ne connaît pas.

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Autre exemple, pour le paiement. Là encore le principe, c’est d’éviter au maximum les contacts et les interactions, et on commence à voir arriver des applications qui permettent de payer l’addition directement depuis son smartphone, sans que le serveur soit présent. Une application qui s’appelle “PayMyTable” par exemple, utilisée par certains restaurants. Vous avez fini de manger, vous ouvrez l’application, et l’addition est directement sur votre smartphone. Vous décidez ce que vous payez: la totalité, partage à parts égales, et vous payez directement via une carte bleue enregistrée sur l’application mobile. On gagne du temps, alors que parfois, ce moment de l’addition pourrit un peu la fin du repas à cause de l’attente interminable. Gain de temps pour le restaurateur aussi qui n’a plus besoin d’encaisser les clients.

Un tapis intelligent pour compter le nombre de clients

Des expérimentations ont aussi été lancées avec la reconnaissance faciale. Pas sûr que ça arrive en France, car c’est encadré très strictement, mais c’est ce que testent depuis deux ans un certain nombre de pubs londonien. Pas à des fins de surveillance, mais pour vous servir plus rapidement, pour fluidifier le trafic. Éviter les scènes où on doit se battre, collé serré contre les autres clients au comptoir pendant 10 minutes au comptoir pour commander sa pinte de bière, et se faire doubler par un type qui est arrivé il y a 10 secondes parce que le barman ne vous a pas vu.

D’où l’intérêt de la reconnaissance faciale. Une caméra couplée à un logiciel vont analyser le visage de chaque client et déterminer lequel est arrivé en 1er, en 2e pour que tout le monde soit servi dans l’ordre. Plus de frustrations. Le système est aussi capable d’estimer l’âge des clients et donc d’écarter les mineurs qui voudraient commander de l’alcool. Le problème avec ce genre de chose, c’est qu’une fois qu’on a commencé, on ne sait pas où ça s’arrête. Selon la presse britannique, le gouvernement réfléchit sérieusement à utiliser la reconnaissance faciale couplée au passeport vaccinal, pour laisser les gens entrer ou non dans un pub.

Et puis pour gérer efficacement les jauges, des tapis intelligents pour compter les clients. C’est déjà utilisé dans certains magasins, dans les restaurants ou dans les salles de sport. Une solution qui permet de gérer les flux de clients. C’est un tapis comme on en trouve à l’entrée de n’importe quel supermarché, sauf que celui-ci est bardé d’électronique, des capteurs de pression qui vont se déclencher à chaque fois qu’on passe dessus et qui vont compter en temps réel de nombre de clients qui se trouvent à l’intérieur d’une boulangerie, d’une salle de sport, d’une cantine ou dans des toilettes d’entreprise par exemple.

Ce tapis connecté mis au point par Technis, une start-up suisse et il permet de paramétrer le nombre de personnes qu’on veut laisser entrer. Et quand on dépasse la limite, une petite borne numérique nous indique qu’il faut patienter. Un autre système active carrément la fermeture automatique des portes du magasin en cas de dépassement.

Anthony Morel