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Arrêts de travail en hausse: les médecins se défendent d'être trop cléments

Pour la troisième année consécutive, le nombre d'arrêt de travail pour maladie est en hausse (+4,4% en un an). Pour Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des Médecins de France, invité ce jeudi de Bureau de vote, la raison est à chercher du côté des conditions de travail des salariés.

Les médecins sont-ils trop cléments sur les arrêts de travail? C'est la question posée ce jeudi dans Bureau de vote, alors que les jours d'arrêts maladie augmentent une nouvelle fois en France, avec une hausse de 4,4 % en un an. C'est la troisième année de hausse consécutive. Pour Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des Médecins de France, "charger la mule du médecin sur les arrêts de travail, c'est la solution facile". Jean-Paul Hamon voit d'abord une hausse mécanique des arrêts de travail, liée à la baisse du chômage. "Plus vous avez de salariés, plus vous avez d'arrêts de travail. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle".

Il pointe surtout les conditions de travail dégradées des salariés comme explication. "En France, il y a une précarité de l'emploi. Je vois des patients qui gardent des emplois qui sont très éloignés de chez eux, et qui se tapent des transports invraisemblables… Quand vous voyez les cadres qui ne se déconnectent pas de leurs portables et de leurs mails... Moi je vois des cadres supérieurs dans mon cabinet en état de burn out, et quand ces gens-là craquent, il faut des mois avant de les remettre au boulot. Les conditions d'exercices se sont profondément dégradées. On voit que tous les managers apprennent la gestion par le stress, avec des conséquences dramatiques."

"Les managers apprennent la gestion par le stress"

"La responsabilité est collective. Vous avez des gens qui sont très stressés de perdre leur travail donc ils vont au boulot malade, et d'autres qui travaillent dans une situation de stress que je n'aie jamais connue. La vie est beaucoup plus dure. Il faut entendre ce que vous disent les gens."

Quant aux arrêts de travail de courte durée, il assure que "ça ne coûte pas cher" à l'Assurance maladie et que "c'est un moyen thérapeutique comme un autre". Avant d'ironiser: "La sécurité sociale nous donne des leçons, mais c'est en son sein qu'il y a le plus d'arrêts de travail".

P. G. avec J-J. Bourdin