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Aux Antilles, la situation sanitaire est "dramatique", avec des taux d'incidence "jamais vus" au plus fort de l'épidémie en France

Aux Antilles, la situation sanitaire est "dramatique" juge le ministre des Outre-Mer Sébastien Lecornu, où la couverture vaccinale est quatre fois inférieure à celle en France.

Hôpitaux saturés, transferts de patients Covid, confinement strict… Les autorités multiplient les tours de vis aux Antilles où la reprise épidémique est fulgurante. Jugée même "dramatique" par le ministre des Outre-Mer Sébastien Lecornu, les taux d’incidence atteignent des niveaux "jamais vus" en France au plus fort de l’épidémie.

Plus de 1.700 malades pour 100.000 habitants en Guadeloupe, qui grimpe même à 4.100 chez les 20-29 ans, quand en Martinique, il monte à 1.200. Des chiffres bien au-dessus du seuil d’alerte habituel de 50 cas positifs pour 100.000 habitants.

Chaque semaine, plus d’1% de la population de ces deux départements tombe malade, s’inquiète un conseiller du gouvernement.

"On est obligés de trier les patients malades"

Sur place, les hôpitaux étouffent. Alors que 240 soignants volontaires arrivent depuis Paris, les professionnels manquent de bras et de moyens. "On bascule dans la médecine de catastrophe", alertait Marc Valette, chef du service de réanimation au CHU de Guadeloupe, en début de semaine.

"On a été submergé par des arrivées de patients très graves, raconte de son côté Yannick Brouste, chef du service des urgences au CHU de Fort-de-France en Martinique. Je n’aurais jamais pensé que ça puisse nous arriver un jour mais nous sommes obligés de trier les patients malades. C’est très difficile."

Comment expliquer cette situation explosive ? Aux Antilles, la couverture vaccinale est près de quatre fois inférieure à celle de la métropole. Si 18% des Martiniquais de 12 ans et plus ont reçu un schéma complet selon les chiffres de l’ARS, ils sont plus de 50% en France. Et la situation risque encore de s'aggraver avec la propagation du variant Delta.

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Confinement en Martinique, pas toujours respecté

Depuis ce 11 août, la Martinique est sous le coup d'un confinement strict pour trois semaines au moins. Seuls les commerces jugés essentiels peuvent ouvrir et les habitants ne sont pas autorisés à se déplacer à plus d’un kilomètre de chez eux.

"C’est un retour en mars 2020, regrette Frédéric, habitant sur l’île. Si on avait pris des mesures plus tôt, on n’en serait pas là."

Mais même si "conscients" de la gravité de la situation, selon notre reporter sur place Maryline Ottman, certains badauds croisés ne comptent pas suivre à la lettre les nouvelles mesures.

"On ne va pas non plus rester enfermer chez nous. On profite quoi, admet Emma, jeune Martiniquaise. On a des amis qui ont des maisons de vacances, avec des piscines, et qui vont se rejoindre. Je ne sais pas si on a vraiment le droit, mais ça se fera ! "

D’autres imaginent louer des chambres d’hôtels qui se vident des touristes invités à quitter l’île. Mais encore faut-il trouver un billet. Les prix des aller-simples vers la métropole explosent.

En ouverture du conseil de défense sanitaire, ce mercredi, Emmanuel Macron a souligné qu’au vu de la situation, le "scénario d'urgence est aujourd'hui devant nous."

Maryline Ottmann avec Léa Coupau