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"C'est du grand n’importe quoi!": la colère des entreprises du BTP face à la demande du gouvernement de poursuivre le travail

Emmanuel Macron demande aux entreprises de poursuivre leur travail pour soutenir l’économie. Poursuivre l’activité, évidemment dans le respect des règles de sécurité sanitaire. Mais les entreprises de BTP sont contre. Résultat: c’est la cacophonie.

Les entreprises du BTP veulent arrêter les chantiers, mais le gouvernement refuse "pour que la nation puisse continuer à fonctionner".

Les fédérations du bâtiment appellent tous les artisans à ne poursuivre que les chantiers les plus urgents, pour laisser la possibilité de sa confiner à un maximum d'ouvriers.

"La distance n’est pas respectée, on ne peut pas faire autrement"

Les artisans sont dans le flou, livrés à eux-mêmes. Gel hydro-alcoolique et gants posés sur le trottoir, masques sur les visages des ouvriers pour creuser une tranchée et réparer la canalisation, le chef de chantier Jean-Philippe rappelle à l'équipe les consignes sanitaires: "Sur le chantier, on essaye de faire le maximum".

Ils essaient, car tous les gestes barrière, sont difficiles à respecter dans le BTP: "Quand ils mettent les barrières en place, il faut qu’ils soient deux. Pour prendre la pilonneuse qui pèse quand même une centaine de kilos, il faut qu’ils soient deux. La distance n’est pas respectée. On ne peut pas faire autrement, c’est un peu compliqué".

"Si on estime qu’il y a un danger pour nos salariés, on n’a pas de leçon à recevoir"

Parce que c’est compliqué, le patron Francis Dubrac a décidé de maintenir uniquement ce chantier, urgent. Mais il a suspendu tout les autres, contre l’avis du gouvernement. 

"Je ne comprends pas leur attitude. Bossez mais ne vous contaminez pas. Vous ne toucherez pas le chômage partiel mais en même temps, il faut ralentir la contamination. C’est du grand n’importe quoi. Si on estime qu’il y a un danger pour nos salariés, on n’a pas de leçon à recevoir".

Il demande au gouvernement que ses près de 400 ouvriers puissent rester protégés chez eux et bénéficier du chômage partiel.

Nicolas Traino et Juliette Pietraszewski (avec C.P.)