RMC

"C'est inhumain": le témoignage de Marine, obligée de traverser l'hôpital avec son bébé mort dans les bras

Marine P. est récemment sortie du silence pour pointer des dysfonctionnements à l'hôpital de la Timone à Marseille. Après la mort de sa fille, elle témoigne de son "calvaire", devant porter le corps jusqu'à la morgue et attendre une heure avant qu'on s'occupe d'elle.

Le 23 septembre 2017, Marine a vécu un cauchemar à l'hôpital de la Timone de Marseille. Trois jours après la naissance de sa fille, Lilou, cette dernière meurt en raison de malformations du diaphragme. Mais c'est "après que le calvaire a commencé", explique Marine ce mardi matin sur RMC.

"L'infirmière nous explique qu'un couffin est mis à disposition pour placer le corps du bébé et l'emmener au dépositoire avec une ambulance. Mais quand la brancardière arrive avec notre fille, elle nous explique qu'il n'y a pas de couffin, qu'elle a appelé les services concernés mais que personne ne lui a répondu, et qu'elle n'avait pas la clé du local où devait se trouver le couffin.

Du coup on demande à ce qu'on la porte, au lieu d'une inconnue, puisqu'on ne l'avait jamais eu dans nos bras. Sauf qu'on a marché pendant presque un kilomètre avec ma fille morte. Car quand on est arrivé sur le parking, il n'y avait pas d'ambulance pour aller jusqu'au dépositoire".

"On a attendu une heure devant les poubelles"

Finalement, en arrivant au local de la morgue, la porte est fermée à clé et personne, là non plus, ne répond.

"On a attendu une heure derrière l'entrée de la morgue, au niveau du local poubelle, avec les rats qui passaient, avec ma fille, mon conjoint et la brancardière à attendre que quelque chose se passe". 

Quand la porte s'ouvre enfin, les soucis ne s'arrêtent pas là pour Marine, qui n'est pas autorisée à rentrer. 

"Déjà on me récupère ma fille de bras à bras sans aucun papier comme quoi elle est déposée là-bas, où même qu'elle soit décédée en fait. J'ai une dame qui me récupère en pleurs en s'excusant car ce n'était pas accessible aux patients, et qu'on ne pourrait pas se recueillir auprès d'elle tout de suite."

"Les promesses qu'ils nous ont faites n'ont pas été tenues. C'est scandaleux. C'est inhumain"

Le lendemain, même souci, impossible de contacter la morgue pour avoir des nouvelles. Avant des excuses officielles de l'établissement bien plus tard.

"Ils nous ont reçu à l'hôpital disant que ça n'aurait jamais dû se produire. Que c'était une succession d'événements qui n'étaient pas normaux. Qu'il y allait avoir des choses mises en place. Mais quand je vois qu'il y a eu un échange de corps récemment, c'est pour ça qu'avec mon conjoint on a décidé de parler. Les promesses qu'ils nous ont faites n'ont pas été tenues. C'est scandaleux. C'est inhumain."

"La brancardière a été la seule qui a été humaine avec nous et qui a eu du respect pour notre fille"

Marine a également tenu à remercier la brancardière qui l'a accompagnée dans ces moments terribles, et qui a été injustement été pointée du doigt selon elle.

"Beaucoup tirent (sic) sur la brancardière. Je pense qu'ils ne sont pas habilités à faire ça. Elle a géré comme elle a pu, et encore une fois je la remercie, je ne sais pas si elle entendra, mais c'est la seule qui a été humaine avec nous et qui a eu du respect pour notre fille."

Marine veut simplement que l'exemple de son calvaire servent pour que ça n'arrive à personne d'autre. "Il ne faut plus que ça se produise, les deux corps échangés ça fait trop, il faut qu'ils fassent quelque chose."

J.A. avec Bourdin direct