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Ça ne vaut pas le coup de risquer un infarctus pour soigner un rhume

Près de la moitié des médicaments disponibles sans ordonnance sont à éviter, selon une étude de 60 millions de consommateurs publiée ce lundi. Les médicaments anti-rhumes (du type Actifed Rhume, Dolirhume, Nurofenrhume, Rhinadvil…) peuvent en effet avoir des conséquences graves, comme des infarctus ou des AVC. Pour éviter tout problème à ses clients, François Couchouron, pharmacien à Bordeaux, a tout simplement décidé de ne plus les commercialiser, comme il l'explique sur RMC.

François Couchouron est pharmacien à Bordeaux. Depuis fin 2016, il ne commercialise plus en libre-service les médicaments contre le rhume contenant de la pseudoéphédrine, un vasaconstricteur "aux effets indésirables graves" selon la revue médicale Prescrire. Le pharmacien a placardé sur son officine une affiche: "Stop à la pseudoéphédrine. Un rhume ne vaut pas un accident cardiovasculaire".

"Ce sont des médicaments qui peuvent bénéficier de publicités vues par le grand public à la télévision, donc on prend ça sans évaluer réellement le danger potentiel. Pour peu que l'on ait des infections inconnues ou que l'on soit un patient fragilisé, on s'expose à des risques graves: des infarctus, et des accidents vasculaires cérébraux (AVC)… Donc moi, en mon âme et conscience, j'ai décidé de ne plus vendre ses produits, puisque de toute façon on s'en passe très bien.

"Ça ne vaut pas le coup"

Sur ma pharmacie, j'ai placardé une affiche avec ce message: "Stop à la pseudoéphédrine. Un rhume ne vaut pas un accident cardiovasculaire". J'estime que ces produits devraient être effectivement réservés à la prescription médicale, à l'évaluation d'une consultation médicale pus approfondie. Quand on met en balance ce qu'on peut en attendre et les dangers qu'ils font courir de l'autre, ça ne vaut pas le coup".

P. G. avec Jean-Baptiste Durand