RMC

Carte du déconfinement: pourquoi seuls deux critères ont été pris en compte jusqu'ici ?

-

- - RMC

Le Premier ministre doit présenter jeudi après-midi la carte du déconfinement. Mais pour l'instant, le critère de la capacité à tester n'a pas été pris en compte pour classer les départements en rouge ou en vert.

Rouge et vert. Deux couleurs apparaîtront sur la carte présentée ce jeudi après-midi. Et pour établir ces couleurs, depuis le 28 avril, deux critères sont pris en compte : la circulation du virus et la capacité des lits de réanimation dans les hôpitaux. Mais au moment de dévoiler ce dispositif, le Premier ministre avait aussi parlé d'un troisième critère : le "système local de tests et de détection des cas contacts".

Notre capacité à tester n'est donc jusqu'ici pas prise en compte dans l'élaboration des cartes, mais elle devrait l'être ce soir alors que le gouvernement a promis 700.000 tests par semaine à partir du 11 mai.

Jusqu'ici seules les données d'un tiers des laboratoires privés et la totalité de ceux du public étaient comptabilisés par Santé Public France. Impossible alors d'évaluer la capacité totale du pays à faire des tests, explique Lionnel Barrand président du syndicat des jeunes biologistes.

“On n'était pas près parce qu’on n'avait pas l’ensemble des remontées des tests des régions. On a pas mal de retard sur tout ce qui est l'informatisation. C’est des choses qui auraient pu être mis en place encore avant”, estime-t-il. 

Un manque de coton-tige à venir ?

Lundi, une plateforme unique doit fonctionner pour centraliser les résultats des tests. Jusqu'à 700.000 par semaine dès lundi promet le gouvernement. Mais Lionnel Barrand craint le manque de produits pour les effectuer.

“Est-ce qu’on aura assez de coton-tige, d’écouvillon ? Est-qu'on aura assez de carburant, de réactif pour faire l'analyse ? Pour l’instant, on est certain de rien”, indique-t-il. 

Inquiétude aussi sur le non-fonctionnement de 21 machines commandées à la Chine, à 500.000€ l'unité. Objectif : 2500 tests par jour et par machine destinés surtout aux hôpitaux. Un non-sens pour le Professeur Philippe Froguel, généticien. “Ca a été un choix lamentable. Ces machines sont complexes”, estime-t-il.

Dès le 11 mai si un nombre anormal de tests positif est observé sur un territoire, des mesures seraient prises.

Gwladys Laffitte avec Guillaume Descours