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"Ce n'est pas sans dommage pour la santé": l'Ecosse va interdire les têtes aux jeunes footballeurs

Selon la BBC, la Fédération écossaise de football s’apprête à interdire le jeu de tête pour les jeunes footballeurs de moins de 12 ans.

Les jeunes footballeurs écossais privés de têtes. Cette mesure, de la Fédération écossaise de football, fait suite à un rapport dévoilé au mois d’octobre démontrant que les jeunes joueurs ont plus de risques d’être atteint d’une maladie cérébrale.

L’Ecosse serait le premier pays européen à imposer cette règle appliquée par les Etats-Unis en 2015. En cause: une étude de l’université de Glasgow mettant en avant les risque de démence à l’âge adulte pour les joueurs ayant multiplié, jeunes notamment, les contacts ballon tête.

"J’ai mis une tête et elle a tourné"

Ce jeudi soir, au stade Carpentier dans le 13e arrondissement de Paris, les moins de 10 ans du FC Gobelin s’entraînent. Chacun a son histoire de tête douloureuse: "Une fois ça m’est arrivé quand mon copain il a fait un corner, j’ai mis une tête et ma tête elle a tourné", explique ce jeune joueur.

"Une fois avec mon frère, on était en train de jouer au foot, j’ai mis la tête et j’ai eu un peu mal mais pas le soir, c’était sur le moment", raconte cet autre footballeur. "C’est que depuis cette année que j’ai commencé à mettre des têtes et pour moi, c’est une tête ou deux par entrainement", précise son coéquipier.

Pour les mamans au bord du terrain, l’exemple écossais interprète forcément mais sans alarmer: "Ça suscite des interrogations parce que la tête est un membre important. C’est peut-être à creuser mais bon, ça ne m’inquiète pas plus que ça", se rassure cette maman.

"Ça reste quand même de jeunes enfants donc la tête est un membre plutôt fragile donc en effet, il faut creuser le sujet pour voir les dommages qui peuvent être causés", affirme une autre.

"Il faut réfléchir correctement et se dire qu’en effet, il y a peut-être un risque"

La tête est un exercice inhérent à la pratique du football, depuis aussi longtemps que le foot est foot. Pour le docteur Jean-François Chermann, neurologue, spécialiste des commotions, ce n’est pas neutre: "Ce n’est pas sans dommage pour la santé. Il faut réfléchir correctement et se dire qu’en effet, il y a peut-être un risque. Dans ce cas là: principe de précaution. La seule manière de le savoir ce sera de faire des études prospectives soit, suivre des joueurs sur 20 ou 30 ans, voir exactement ceux qui ont fait le plus de commotions et si ceux là, vont développer plus de maladies neurodégénératives".

L’exemple écossais pourrait donc faire des émules au nom d’un certain principe de précaution. Reste à savoir comment adapter un jeu qui, en plus d’un siècle d’existence, a toujours intégré la tête, comme un geste technique à part entière.

Timothée Maymon (avec C.P.)