RMC

Commencer les cours à 9h au lieu de 8h au lycée? "Certains vont se moquer, mais c'est un enjeu de santé"

Faut-il faire commencer les jeunes lycéens à 9 heures du matin? Les élèves accueillent logiquement très bien cette proposition de Valérie Pécresse estimant que c'est un enjeu de santé.

Faire retentir la sonnerie à 9 heures le matin, plutôt qu'à 8 heures pour les lycéens? L'idée lancée en fin de semaine dernière par Valérie Pécresse, fait son chemin, et a même été accueillie positivement par le ministre de l'Education.

Au départ pour la présidente de la région Ile-de-France, il s'agit de désengorger un peu les transports en commun tôt le matin. Mais c'est aussi tenir compte du rythme biologique si complexe des adolescents. Les 500.000 lycéens franciliens sont concernés.

Le ministre "ouvert aux expérimentations"

"Je suis très ouvert aux expérimentations", a répondu Jean-Michel Blanquer dimanche, indiquant que le "projet de loi pour une école de la confiance" qui doit être débattu dans les prochaines semaines au Parlement prévoyait une telle possibilité.

Une partie du corps médical recommande, depuis plusieurs années déjà, de repousser le début de la journée scolaire des adolescents. Ce sont d'ailleurs les résultats d'une étude américaine qui ont provoqué le tweet de Valérie Pécresse.

"C’est un sujet à revoir dans sa globalité, il ne faut pas faire une mesurette"

L'idée semble logiquement bien accueillie par les premiers concernés, les adolescents. Nous avons pu le vérifier devant un lycée des Hauts-de-Seine, parce que tous les matin à 8 heures, ils se disent “fatigués”, “endormis”. "Je ne me sens vraiment pas d’attaque à huit heures le matin. Je prends un bus pour 45 minutes, du coup c’est chaud".

Repousser la sonnerie d'une heure, un idée qui satisfait le syndicat de lycéens UNL, mais ça ne suffit pas, dit son président Louis Boyard.

"Ce n’est pas parce qu’on commence à neuf heures que les journées vont être déchargées. En fait on va finir à 19 heures. C’est un sujet à revoir dans sa globalité, et pas pour faire quelques mesurettes d’emploi du temps."

"Certains vont se moquer, mais c'est un enjeu de santé"

Le lycéen a tout de même bien conscience que l'idée de gagner une heure de sommeil va faire sourire de nombreux adultes: "De toutes façons on va se moquer du lycéen parce qu’il est jeune et qu’il ne veut juste pas travailler. Mais non, c’est un enjeu de santé."

Idée reprise par Claire Leconte, professeur en psychologie de l'enfant.

"Ca permettrait de voir leur sommeil pas amputé du dernier cycle de nuit qui est important et qui permet de bien mémoriser et aussi de prendre un petit-déjeuner. Car bien souvent ils n’ont pas le temps de le faire."

Mais la mesure ne suffit dit la spécialiste, il faut aussi organiser une véritable éducation au sommeil, pour que les ados se sentent véritablement mieux.

Invité de RMC, le docteur Samuel Lepastier, psychiatre, estime, lui que "Le risque est qu'en décalant d'une heure les cours, les lycéens dorment une plus tard".

Pourtant, si "les lycéens ont envie de se coucher tard comme les adultes", "Commencer les cours à 9h permet aussi de se caler sur le rythme professionnel des parents" analyse-t-il au micro de Jean-Jacques Bourdin.

Thomas Chupin (avec J.A.)