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Comment Agnès Buzyn a-t-elle défendu sa gestion de la crise face à la commission d'enquête de l'Assemblée?

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Combative, parfois émue, Agnès Buzyn s'est défendue pendant quatre heures mardi à l'Assemblée nationale d'avoir manqué d'"anticipation" et de "réactivité" pour préparer la France à la crise du coronavirus.

Il y a encore six mois, Agnès Buzyn était l'une des ministres stars du gouvernement. Mais depuis, elle semble traverser un long chemin de croix. Mardi, 48 heures après sa lourde défaite au second tour des élections municipales à Paris (14.87%), l'ancienne ministre des Solidarités et de la Santé a répondu pendant plus de 4 heures aux questions des députés de la commission d'enquête sur la gestion de la crise du coronavirus, à l'Assemblée nationale.

Une audition marathon lors de laquelle, Agnès Buzyn a notamment défendu sa gestion de la crise. Elle affirme avoir commandé pour la première fois des masques dès le 30 janvier, se dédouanant sur la pénurie. 

Pour l'ancienne ministre, c'était opération transparence dans le but de sauver son honneur. La voix parfois tremblante, le visage souvent fermé, Agnès Buzyn a tenté de lever les doutes sur sa responsabilité dans la gestion de la crise.

"Vous ne pouvez pas dire que je n'ai pas anticipé. Ce que nous avons mis en place au ministère de la Santé depuis le 10 janvier est sans commune mesure en terme d'anticipation comparé aux autres pays. En aucun cas je ne peux laisser dire que le ministère de la Santé a été lent."

Après une première alerte, le 25 décembre... elle affirme prévenir le président de la République et le Premier Ministre de l'ampleur du virus, le 11 janvier. "J'ai senti un danger, bien avant les autres."

Mais Agnès Buzyn se dédouane sur la pénurie de masques.

"La ministre n'a pas plus connaissance du niveau nécessaire en masques que de niveaux en comprimés d'iode ou d'antiviraux, en réalité ce que je dois m'assurer c'est qu'il y a une chaîne de commandement et des gens en charge. Ca je l'ai fait."

"J'ai tout vu, tout préparé" insiste Agnès Buzyn. Pour l'ancienne ministre, cette audition sonne comme la fin d'un long calvaire.

Paul Barcelonne (avec J.A.)