RMC

Comment expliquer la multiplication des foyers de contamination dans les abattoirs?

Au moins trois foyers différents ont été recensés dans des abattoirs en France, une tendance qui s'observe également dans d'autres pays dans le monde.

Un nouveau foyer de contamination est apparu dans un abattoir, cette fois-ci près d'Orléans, comme l'a annoncé l'ARS samedi soir. L’application Contact COVID a permis le signalement des 3 premiers cas parmi les salariés de l’abattoir Tradival.

31 contaminations supplémentaires ont ensuite été identifiées après une enquête sanitaire et une première vague de tests sur 84 salariés. L’ensemble du personnel va maintenant être dépisté. En attendant, l’usine est fermée par arrêté préfectoral.

Dans un autre abattoir des Côtes-d’Armor ces derniers jours, 6 cas avaient été relevés. Le week-end dernier, c’est en Vendée que 11 salariés d’un abattoir ont été testés positifs.

"Les vapeurs d'eau entraînent un risque d'aérosolisation du virus"

Julien Amour, anesthésiste-réanimateur à Massy, nous explique pourquoi les abattoirs sont des sites sensibles.

"Le point faible de ces structures c'est au moment du déshabillage. Quand vous rentrez au vestiaire, si vous vous déshabillez et que là vous ne respectez plus les règles barrière parce que le vestiaire est exigu ou bien parce que il y a des douches trop proches il y a un risque de contamination, car c'est une zone en plus où les vapeurs d'eau entraînent un risque d'aérosolisation du virus."

Aux Etats-Unis, 115 abattoirs ont été touchés pour une vingtaine de décès. Selon une enquête, 4% des salariés de l’agroalimentaire américain ont été contaminés. En Allemagne, plusieurs centaines de salariés ont été infectées dans 3 abattoirs. L’explication tiendrait surtout dans ces cas aux conditions de vie de travailleurs venus d’Europe de l’Est.

Kevin Morand (avec J.A.)