RMC

Comment les laboratoires Boiron tentent de se réinventer depuis le déremboursement de l'homéopathie

LOUIS VA PLUS LOIN - Depuis le 1er janvier, l’homéopathie n’est plus remboursée. Alors le leader mondial du secteur, Boiron, un Français, est en souffrance et cherche à se réinventer.

100 millions d’euros de pertes en un an, 13 sites fermés en France et 550 licenciements, Boiron veut enrayer sa chute. On parle ici d’un fleuron de la recherche française, un laboratoire quasi centenaire qui se tourne vers un marché émergent : celui du cannabis thérapeutique.

Boiron s’est allié à un groupe européen, Emmac Life Sciences, et a mis au point deux traitements à base de plantes médicinales. Ils ont été retenus par l’Agence du médicament et feront partie de la grande expérimentation qui sera lancée au printemps. 3.000 patients atteints de maladies graves, comme la sclérose en plaques ou certaines formes d’épilepsies, seront suivis pendant deux ans.

Ce sera la première expérimentation de ce type en France

C’est Olivier Véran qui l’avait initié en 2019, il n’était pas encore ministre, mais simplement député à l’époque. L’étude devait débuter l’année dernière mais a été repoussée à cause de la crise sanitaire.

Le cannabis thérapeutique n’est donc pour l’instant pas légal en France. Boiron fait en quelque sorte un pari sur l’avenir et espère devenir un acteur incontournable le jour où ces traitements seront autorisés. 

Depuis les années 70, plus de 26.000 publications scientifiques se sont penchés sur l’efficacité de ces produits et il est démontré qu’ils atténuent nettement les douleurs et les angoisses liées à la maladie. Rien à voir avec le cannabis récréatif, il ne s’agit pas de vendre des joints en pharmacie, mais d’utiliser l’une des substances actives du chanvre, le cannabidiol, qui n’est en rien euphorisant. On l’appelle aussi le CBD.

Beaucoup de pays européens utilisent déjà cette méthode thérapeutique, l’Allemagne, l’Autriche ou encore les Pays-Bas, pionniers en la matière puisqu’ils l’ont légalisée en 2003. Plus loin de nous on peut ajouter les Etats-Unis, le Canada ou l’Australie. La France deviendrait, si l’expérimentation est concluante, le 22ème pays au monde à valider cette pratique.

Louis Amar (avec J.A.)