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Coronavirus: à Mayotte, les autorités craignent une "aggravation de la situation" en cas de déconfinement

Seul département français où le confinement est maintenu, à Mayotte, la situation sanitaire se dégrade. Dominique Voynet, directrice de l'agence régionale de santé (ARS) de Mayotte était l’invitée de la matinale de Jean-Jacques Bourdin ce mercredi.

A Mayotte, le confinement est maintenu. Dans ce département français, classé "rouge", le virus circule toujours activement. Pour l’heure, 1061 cas et 12 décès sont comptabilisés sur ce territoire.

"Nous avons chaque jour plusieurs dizaines de cas supplémentaires"

Face à une situation qui se dégrade, Dominique Voynet, directrice de l'agence régionale de santé (ARS) de Mayotte, se dit inquiète. 

"Nous avons chaque jour plusieurs dizaines de cas supplémentaires et nous voyons monter avec une certaine inquiétude le nombre de personnes qui doivent être hospitalisées et qui pour certaines, vont devoir aller en réanimation. Beaucoup plus d’hospitalisations que de réanimation à cette heure, mais quand même des courbes qui laissent craindre avec le déconfinement, une aggravation de la situation".

"Sans eau et sans savon, il est très difficile de se laver les mains aussi souvent qu’il est recommandé"

Mais pour quelles raisons Mayotte fait-il partie des départements français les plus touchés par l’épidémie? Epidémie de dengue, isolement et manque de matériel sont pour l’ancienne ministre de l’Environnement, les raisons qui expliquent en partie cette circulation toujours plus active du virus.

"Nous avons 300.000 personnes à Mayotte, un seul hôpital qui a une très forte activité tous les jours de l’année. Il était confronté avant même l’arrivée du coronavirus à une épidémie de dengue très forte. Nous sommes également très isolés donc c’est difficile pour nous d’avoir un acheminement sûr en matériel, en médicaments et en masques. C’est très préoccupant de voir se diffuser le virus dans des quartiers où la population très précaire ne croit pas toujours à la possibilité d’être atteinte (…) quand on n’a pas d’eau et pas de savon, il est très difficile de se laver les mains aussi souvent qu’il est recommandé". 
Bourdin Direct (avec C.P.)