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Coronavirus: comment expliquer les nombreux nouveaux cas détectés dans les abattoirs?

Le coronavirus continue de circuler notamment au sein des abattoirs dont deux en France ont enregistré de nombreux cas positifs.

Malgré le confinement et la baisse sensible du nombre de cas, le coronavirus continue de circuler en France. De nouveaux foyers épidémiques ont émergé un peu partout sur le territoire national, toujours après des rassemblements lors d'obsèques ou de simples réunions au sein d'établissements scolaires. Mais ces nouveaux foyers épidémiques sont anormalement élevés au sein des abattoirs un peu partout dans le monde.

En France, on recense deux "clusters" dans deux abattoirs des Côtes-d'Armor et du Loiret. 69 salariés d'un établissement de Kemerné ont ainsi été testés positifs au coronavirus tout comme 34 de leurs collègues à 400 kilomètres de là, à Fleury-les-Aubrais.

L'apparition de nombreux cas dans ces abattoirs n'a rien d'étonnant pour Didier Giraud, éleveur de bovins en Saône-et-Loire. Car les abattoirs sont divisés en deux zones : "Dans la partie abattage, il fait chaud, les gens travaillent sur des ascenseurs sur une chaine où les postes sont plutôt bien séparés. Il y a ensuite la partie découpe où les gens travaillent à côté les uns des autres où l’ambiance est thermorégulé et où il y a une climatisation", explique l'agriculteur ce lundi sur le plateau des "Grandes Gueules".

Un phénomène mondial ?

Mais si dans cette deuxième zone la promiscuité est monnaie courante, c'est également celle où les salariés sont les mieux équipés et théoriquement protégés de toute infection. La contamination et la circulation rapide du virus pourrait s'effectuer au sein des salles de repos et des vestiaires, alors que les employés des abattoirs ont continué à travailler pendant le confinement.

"C’est aussi des centaines de salariés qui se retrouvent en salle de pause dans des boulots pas qualifiés. C’est des gens qui n’ont pas respecté le confinement parce qu’ils ont travaillé comme si de rien n’était lors du pic de l’épidémie. Si c’est dans pleins d’abattoirs ce n’est pas un hasard. C’est un des pans de l’économie qui a continué à travailler pendant l'épidémie", avance Didier Giraud".

La France n’est pas le seul pays concerné. D’autres pays constatent une hausse des contaminations dans les abattoirs. On estime que 4% des salariés travaillant dans les abattoirs sont atteints du covid-19 aux Etats-Unis. Le centre de contrôle et de prévention américain a recensé environ 5.000 cas pour 130.000 employés. Quatre contrôleurs, chargés de faire respecter les règles sanitaires, sont morts selon les autorités. Mais en réalité : ce serait une trentaine de victimes selon un syndicat.

Le constat est le même en Allemagne : 400 salariés d’une usine ont été déclaré "positif" au covid-19 dans une ville, pas très loin de la frontière française. Les sites les plus touchés sont fermés et tous les employés testés. La même politique sera menée en France : les 400 salariés de Fleury-lès-Aubray près d’Orléans vont être dépistés. Dépistage qui a déjà commencé d’ailleurs et les premiers résultats devraient tomber rapidement.

Guillaume Dussourt avec Quentin Vinet