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Coronavirus: comment l'armée aide-t-elle les hôpitaux?

Dans le cadre de l'émission RMC Mobilisation Générale, le général Vincent Desportes a fait le point sur la nature de l'aide apportée par l'armée à la lutte civile contre la pandémie de coronavirus. Ce soutien comporte notamment un appui pour le transfert de patients et le déploiement d'un hôpital de campagne.

L'armée entre en scène dans la lutte contre la pandémie de coronavirus. Le gouvernement a fait appel à des moyens militaires pour soulager les hôpitaux saturés dans la région du Grand Est. Mercredi, six patients de Mulhouse ont été évacués par voie aérienne vers Marseille et Toulon. Ce transfert a pu se dérouler à l'aide d'un Airbus A330 Phénix, reconfiguré grâce au dispositif Morphée.

"C'est le nom du kit qui permet d'adapter un avion ravitailleur en avion d'évacuation sanitaire", explique le général Vincent Desportes, également professeur de stratégie à Sciences-Po et HEC, invité de l'émission exceptionnelle RMC Mobilisation Générale à partir de 18h. "Les militaires en ont l'habitude puisque, hélas, il arrive trop fréquemment que nous ayons à évacuer des blessés depuis des théâtres d'opération jusqu'à la métropole", précise-t-il.

Le coup de main de l'armée n'est toutefois pas une solution miracle et ne pourra pas se substituer à l'effort médical civil, selon lui. "Elle va participer autant qu'elle le peut avec deux limites. La première, c'est que la mission première des armées demeure la défense militaire de la France. Il faut permettre la conduite des opérations hors de France, qui sont déjà très importantes", souligne le général, faisant notamment référence à l'opération de lutte contre le terrorisme Barkhane, menée au Sahel et au Sahara.

Profiter de la rapidité de l'armée

La deuxième limite qu'il observe concerne les "moyens militaires drastiquement réduits sous les précédents quinquennat", notamment en ce qui concerne les ressources médicales. "Le meilleur exemple étant la fermeture du Val-de-Grâce", ancien hôpital militaire français situé dans le Ve arrondissement parisien. "Le service de santé des armées compte pour moins de 1% de l'offre publique de soins. Il y aura une aide, mais elle restera marginale. Les armées ne disposent que de 2.500 médecins et de 1.700 lits. Ce qui est extrêmement peu par rapport à l'ensemble de l'offre civile", prévient Vincent Desportes.

Reste que l'appui militaire sera précieux en matière de flexibilité: "La capacité militaire est surtout celle à pouvoir se déployer rapidement". Dans son allocution télévisée de lundi soir, le président Emmanuel Macron a annoncé le déploiement d'un hôpital de campagne à Mulhouse. Il s'agit précisément d'un élément militaire de réanimation. "Le module qui devrait être déployé comporte trente lits, mais on peut rajouter des tentes et avoir des capacités d'hébergement plus importantes", soutient le général qui estime que "l'on aurait tort de laisser cet hôpital où il est très longtemps" afin de profiter au mieux de la réactivité de l'armée.

Julien Absalon