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Coronavirus: comment les personnels de l'hôpital de Creil dans le foyer de l'Oise tiennent le coup

"On a une visibilité sur une semaine pas plus": fatigue, inquiétude, manque de personnel, le personnel soignant de Creil dans l'Oise témoigne sur RMC.

Face au coronavirus, les personnels des hôpitaux sont en première ligne. Dans l'Oise ce matin, l'un des foyers les plus virulents du coronavirus, où au moins 28 personnes sont mortes des suites de la contamination au Covid-19.

L'hôpital de Creil est particulièrement sous tension. C'est là bas qu'avait été pris en charge le premier patient français mort du Covid-19. Entre le 25 février et le 15 mars, 186 patients possiblement infectés ont été accueillis (Le Monde). Aujourd'hui 45 lits sont disponibles pour recevoir les malades, tous occupés. D'autres doivent ouvrir.

"On se demande si on va tenir sur la longueur"

Le service de réanimation tourne déjà à plein régime. L'ensemble du personnel doit faire face à l'afflux constant de nouveaux patients. Corinne est psychologue, Rachel aide-soignante, toutes deux représentantes du personnel CGT, et elles ont pris quelques minutes pour nous répondre, sur le parking de l'hôpital. Dans les services, les soignants sont débordés.

"On n'en est qu'au début et on est fatigués. On se demande si on va tenir sur la longueur pour accueillir tous les patients qui auront besoin de nous."

Une fatigue à laquelle s'ajoute donc de l'inquiétude.

"Les masques, les tenues globales de protection... C'est compliqué de les avoir, on le reçoit au compte-gouttes. On a une visibilité sur une semaine pas plus. C'est ça la crainte majeure et les problèmes d'effectif. Mais on se dit qu'il faut qu'on tienne"

"Ce qui est important c'est de décharger les hôpitaux"

Pour faire face au nombre croissant de malades, les cas les moins graves ... pourraient être pris en charge à domicile. Les autorités sanitaires recensent en ce moment tous les personnels soignants disponibles dans l'Oise...Anne, infirmière libérale, se tient prête.

"Ce qui est important c'est de décharger les hôpitaux. Si on ne le fait pas, demain ça peut toucher nos proches. On ne pourra pas s'en occuper, comme ça se passe en Italie."

Mais Anne insiste, elle aura besoin pour cela du matériel de protection adapté.

Marie Monier et Benoît Ballet (avec J.A.)