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Coronavirus: l'inquiétude sur l'île d'Ouessant où des cas positifs ont été découverts

L'apparition des cas positifs au coronavirus sur la petite - et surtout très isolée - île d'Ouessant au large du Finistère inquiète la population locale.

Le nombre de cas de Covid-19 continue d'augmenter en Bretagne, plus de 143 cas en 3 jours. L'ARS s'inquiète notamment d'un relâchement des comportements dans la région avec une multiplication des regroupements entre amis ou en famille.

Le Finistère est le département le plus touché avec plus de 65 cas en trois jours. Le préfet a indiqué lundi que la situation est "sous contrôle", bien qu'en "évolution assez rapide" et "source de préoccupation".

Ouessant, isolée à 1h30 de bateau du continent minimum

L'évolution de l'épidémie est scrutée de près dans le département, notamment sur la petite île d’Ouessant, à l’extrémité ouest du Finistère, où 3 nouveaux cas de coronavirus ont été détectés la semaine dernière.

Les 800 habitants avaient été épargnés jusque-là. L'apparition du virus, dans un endroit si isolé et avec une population particulièrement âgée, inquiète. L'arrivée quotidienne par bateaux de centaines de touristes n'arrange rien. En effet, l'été, la population de l'île est multipliée par 4.

A la demande du médecin de l'île, une salle dédiée aux tests PCR va donc ouvrir ce mardi à Ouessant pour tenter de contenir l’épidémie a tout prix.

"Les pompiers nous ont déjà fourni les tenues au cas où il faudrait envoyer quelqu'un sur le continent"

Au milieu du bourg où les touristes arrivent en groupe, Marie-Jo, habitante de l'île, est venue acheter sa baguette. A 72 ans, elle n’a qu’une seule crainte: qu'un nouveau cas se déclare sur l'île et se répercute très vite, trop vite et "qu'on ne puisse pas partir dans les temps voulus car il y a quand le transport ici".

En cas d’évacuation, deux options: l’hélicoptère ou le canot des sauveteurs en mer. Ludovic Avril est le président de la SNSM à Ouessant, et les autorités lui ont demandé de se préparer à transporter des malades.

"Les pompiers nous ont déjà fourni les tenues au cas où il faudrait envoyer quelqu'un sur le continent. On a beau être coupés du monde à 1h15 - 1h30 de bateau, c'est quand même important de savoir qu'il y a un soutien sur une île."

Le maire se dit prêt à réduire les arrivées sur l’île en cas d'aggravation

Sur cette île il n’y a qu’un seul médecin: le docteur Damien Person. C’est donc lui qui dépiste les habitants, 30 personnes attendent d’être testées.

"On dépiste tous les patients qui présentent des signes infectieux. Si la situation venait à être plus compliquée, on n'aurait pas d'autre choix que de faire appel à de l'aide extérieure." 

Ne pas prendre de décision trop radicale trop tôt, c’est tout l’enjeu pour Denis Palluel le maire de l’île.

"On est partagés entre la nécessité pour les gens de prendre des vacances, pour nous aussi de faire repartir l'économie sinistrée. Derrière tout ça il y a aussi la santé des gens. C'est un équilibre qui n'est pas facile à trouver et surtout un équilibre qui peut changer du jour au lendemain."

Si le nombre de cas augmente ces prochains jours, le maire se dit prêt à réduire les arrivées sur l’île.

Mahauld Becker-Granier et Nicolas Traino (avec J.A.)