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Coronavirus: les laboratoires croulent sous des stocks massifs de tests PCR périssables

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Ces stocks coûteux pourraient être redistribués dans des régions demandeuses. Ils pourraient également être revendus à des pays dans le besoin.

Le syndrome des masques du coronavirus toucherait-ils les fameux tests PCR: manquants lors de la crise, en surplus après?

En moyenne, 10 fois mois de tests PCR que prévu sont réalisés chaque jour. Conséquence, comme de nombreux laboratoires privés, les laboratoires Biogroup sont en sous régime:

"On s'étaient équipés au niveau national pour réaliser 50.000 tests et actuellement on en fait 5000. Les écouvillons peuvent être réutilisés mais on est plus inquiets sur les réactifs. Les premiers périment en septembre et les plus récents dans un an", constate Arthur Denoel, responsable du plateau de microbiologie à Saint-Denis.

Et ces surplus de stocks sont coûteux. Pour les écouler, deux solutions sont envisagées:

"On va d'abord voir avec les confrères qui en ont besoin dans certaines régions avant tout. On va également voir si l'on peut céder ou revendre ces stocks aux pays qui en ont besoin plus que nous aujourd'hui, comme en Afrique ou en Amérique du Sud. L'Angleterre est également un pays où l'on teste en grande quantité", explique François Blanchecotte, président du syndicat national des biologistes sur RMC.

Moins de malades que prévus

Ces biologistes espèrent que l'organisation sera plus efficace à la rentrée pour faire face à une éventuelle seconde vague. Et donc que de nouveaux tests seront à réaliser. 

Le 28 avril dernier, le Premier ministre Edouard Philippe, annonçait l'objectif de 700.000 tests PCR à partir du 11 mai, faisant de ces tests, le fer de lance des autorités françaises pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. Pourtant, dans les "meilleures" semaines, selon le syndicat national des biologistes, 350.000 tests ont été réalisés en France. Soit deux fois moins que prévu. Un chiffre qui pourrait s'expliquer par la surestimation du nombre de malades entraînant logiquement moins de cas-contacts.

Caroline Philippe et Martin Juret (avec G.D.)