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Coronavirus: quelles sont les mesures prévues pour les élections municipales?

Le premier tour des élections municipales aura bien lieu ce dimanche. Le gouvernement a confirmé ce week-end qu’il n’était pas question de reporter le scrutin à cause de l'épidémie de coronavirus.

Il n’a jamais été sérieusement question de reporter les municipales. Ça ne s’est jamais fait en France de repousser des élections à la dernière minute. Parce qu’aucun parti politique ne l’a demandé. Parce qu'aucune autorité sanitaire ne l’a suggéré. 

"Ça ne m’est jamais venu à l’esprit", a dit ce week-end le Premier ministre, Edouard Philippe. Le ministre des relations avec le Parlement, Marc Fesneau s’est demandé quel pays pourrait ainsi interrompre un processus démocratique au motif d’un syndrome grippal. Le président de l’Association des maires de France, François Baroin est sur la même ligne: le scrutin se tiendra dimanche car "mettre la démocratie entre parenthèse", dit-il "serait mettre tout le pays en parenthèse". 

Est-ce que ce serait encore possible?

Pas impossible mais très difficile. Pour repousser les élections, il faudrait le vote d’une loi qui soit promulguée au journal officiel de samedi au plus tard. Donc adoptée par les deux chambres au plus tard vendredi. Ce serait une véritable course contre la montre. 

En revanche, si la situation devait se dégrader d’ici dimanche prochain, le ministre de la Santé, Olivier Véran pourrait par décret annuler le scrutin dans quelques communes ou même dans un département. Mais ce n’est absolument pas à l’ordre du jour. Même dans les zones de foyer d’infection. Même dans les communes où les écoles sont fermées.

Des précautions devraient être prises pour dimanche prochain

Des précautions assez symboliques devraient être prises, surtout destinées à rassurer les plus inquiets. On nous annonce des distributions de gels hydroalcooliques dans les bureaux de vote.

François Baroin parle de commandes de stylos pour que les électeurs ne se repassent pas de mains en mains un seul stylo par bureau comme cela se fait habituellement. Le Président des maires de France suggère également à ses collègues de faire un marquage au sol pour faire respecter une distance d’un mètre ou un mètre cinquante entre chaque électeur dans les files d’attente. 

Mais certaines villes vont au-delà de ces précautions de base. Mulhouse par exemple, ville au cœur d’un des principaux foyer d'infection dans le Haut-Rhin. Les 64 bureaux de votes sont équipés de machines électroniques. Elles seront systématiquement désinfectées après chaque opération de vote. Les électeurs se verront tous fournir des gants chirurgicaux et du gel hydroalcoolique.

Le nombre de personnes présentent en même temps dans les bureaux sera limité. Les stylos seront également désinfectés après chaque signature. D’ici dimanche, il est probable que d’autres villes adoptent tout ou partie de ces précautions.

Le gouvernement annonce, lui, des mesures pour favoriser le vote par procuration. Des gendarmes et des policiers pourraient se déplacer cette semaine dans les maisons de retraites pour enregistrer les procurations. 

Christophe Castaner le ministre de l'Intérieur a indiqué que les démarches seront simplifiées. Sans plus de précision.

Faut-il craindre une abstention record? 

Étude Ifop pour Charles.co publiée en exclusivité par RMC indique que 28% des sondés pensent ne pas aller voter à cause de l'épidémie. Mais on ne sait pas combien de ces 28% auraient été abstentionnistes de toute façon. En 2014, le taux d’abstention avait atteint 36%.

On peut imaginer qu’il sera supérieur dimanche. Surtout dans les grandes villes. D'après le sondage Ifop, en région parisienne 37% des électeurs disent qu’ils n’iront pas voter par crainte du virus. Des politologues ont estimés que cette abstention pourrait toucher surtout les personnes âgées, plus fragiles et donc désavantager les listes de La République en marche.

Et bien le sondage ne dit pas du tout cela. Ce sont au contraire les jeunes qui indiquent qu’ils n’iront pas voter par peur du coronavirus. 40% des 18/24 ans. Et seulement 23% des plus de 65 ans.

Une autre enquête d’Opinionway donne les mêmes résultats: 72% des sondés ne se disent “pas inquiet” d’aller voter et 28% inquiet. 

Nicolas Poincaré