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Couvre-feu étendu, reconfinement: ces nouvelles options envisagées par le gouvernement face au Covid-19

Les prochaines heures seront décisives. Et le gouvernement n'écarte plus aucune hypothèse.

L'heure est grave. Et il faut agir vite. Le nombre de cas positifs confirmés a de nouveau augmenté de 26.771 en 24 heures, selon les chiffres de Santé publique France de lundi. La veille, la France avait battu un nouveau record avec plus de 50.000 cas positifs confirmés en un jour. Et le nombre de patients en réanimation continue à grimper, augmentant la pression sur les hôpitaux.

Face à cette fameuse "seconde vague", la France va droit vers un "durcissement" des mesures de lutte contre l'épidémie de Covid-19 qui prend une tournure "critique", avec dans tous les esprits la crainte du reconfinement. Ainsi, deux conseils de défense sanitaire vont se tenir en 24 heures, avec plusieurs options à étudier.

  • Première piste: un allongement du couvre-feu, pour le faire débuter à 19h. Une mesure qui pourrait s'accompagner d'un confinement le week-end, toujours dans l'objectif de réduire au maximum les contacts et d'une fermeture des commerces non-essentiels.
  • Autre hypothèse avec une solution intermédiaire: un confinement local, en fonction des zones les plus touchées par le virus, comme l'Ile-de-France, Lyon et Marseille. L'une des solutions préconisée est également de ne pas rouvrir collèges, lycées et universités le 2 novembre après les vacances de la Toussaint, mais bien les écoles maternelles et primaires.
  • Il reste, enfin, une 3ème option, et pas des moindres: un confinement généralisé à tout le pays. C'est le scénario le plus radical, celui que l'Exécutif voulait absolument éviter. "Reconfinement, ça n'a jamais été un mot tabou" confiait lundi soir un très proche conseiller du Premier ministre à RMC, signe que tout est encore possible.

Mais si ce reconfinement généralisé était acté: il pourrait prendre une forme différente de celui du printemps. Entre deux à quatre semaines, des écoles ouvertes et des possibilités de se déplacer plus larges que lors du premier confinement.

L'Exécutif se donne donc 24h et deux conseils de Défense pour se décider. Ils semblent bien loin les "jours heureux" évoqués par Emmanuel Macron en avril dernier, au moment du déconfinement.

"Toutes les hypothèses sont sur la table", affirme l'entourage du Premier ministre, qui attend encore les chiffres mesurant l'impact des premiers couvres-feux, mis en place depuis 10 jours.

Un reconfinement indispensable?

Selon Renaud Piarroux, pédiatre spécialiste des maladies infectieuses et chef du service de parasitologie de la Pitié Salpêtrière, un reconfinement est nécessaire et indispensable.

“Il faut impérativement taper fort. Non seulement on a pas de possibilité de renforts, on n’a pas de possibilité d’envoyer les malades ailleurs mais en plus on est certain d’atteindre les sommets qu’on a eu au début du mois d’avril. Et si on n’arrête pas la progression de l’épidémie on va être complètement débordé”, explique-t-il.

"On avait prévu qu'il y aurait cette deuxième vague mais nous sommes nous-même surpris par la brutalité de ce qui est en train de se passer depuis dix jours", a souligné lundi le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, qui craint que le nombre réel de contamination tourne "autour de 100.000 cas par jour".

Mais la perspective d'un éventuel reconfinement provoque déjà les critiques des diverses oppositions - PS, LR, France insoumise ou Rassemblement national - qui reprochent au gouvernement son "imprévoyance", une "absence d'anticipation" ou un manque de concertation.

Paul Barcelonne avec Guillaume Descours