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Covid-19 à Marseille: les laboratoires et les centres de tests sont débordés

Face à la recrudescence des cas, la mairie recommande aux habitants de se faire tester au maximum. Mais les laboratoires et les centres de tests sont débordés.

Des mesures devraient être mises en oeuvre "dans les tout prochains jours", pour faire face à "la situation préoccupante" de l'épidémie de Covid-19 dans les Bouches-du-Rhône, a annoncé lundi le nouveau préfet, Christophe Mirmand.

Selon les derniers indicateurs, le taux d'incidence du virus est de 145 pour 100.000 à Marseille et de 110 pour 100.000 dans le département, contre seulement 33 pour 100.000 de moyenne nationale.

De même, le taux de positivité est nettement plus haut à Marseille (7,3%) et dans les Bouches-du-Rhône (6,2%) que sur l'ensemble du territoire national (3,5%), a insisté le préfet, estimant nécessaire d'agir préventivement pour "éviter un retour à un état d'urgence sanitaire local qui serait particulièrement préjudiciable", notamment économiquement.

Comme l'a cependant reconnu Christophe Mirmand, "cette situation ne se traduit pas pour l'instant sur l'appareil hospitalier". Selon les chiffres donnés lundi à l'AFP par l'AP-HM, l'hôpital public de Marseille, 54 personnes sont actuellement hospitalisées pour cause de Covid dans la seconde ville de France, dont sept seulement en réanimation, contre 21 hospitalisations dix jours plus tôt et quatre en réanimation.

"6h de queue"

Reste que si la mairie recommande aux habitants présentant des symptômes de se faire tester, sur place, les laboratoires privés et les centres de dépistages publics sont déjà débordés. RMC a pu le constater devant l'Institut Hospitalo-Universitaire de Marseille: l'attente est bien longue pour se faire dépister. "Ça va faire bientôt 4h", confie un patient. "Maintenant qu’on y est, on va pas repartir maintenant qu’on a attendu tant de temps" souffle une autre.

Plus loin dans la queue, Marie-Hélène, qui a été en contact avec une personne positive, doit prouver qu’elle est négative pour retourner au bureau: "Je me suis renseignée. Les labos, il n'y a pas de place, le samedi, ce n'est pas ouvert. Admettons que demain je recroise quelqu’un, je recommence 6h de queue?" désespère-t-elle.

Si les centres de dépistages publics sont pleins, le privé aussi est surchargé, à tel point que dans ce laboratoire: dix personnes ont été recrutées pour faire face à l'afflux de patients. Magalie Gauthier réalise 100 tests par jour: la biologiste est débordée. "C'est une très très grosse cadence... On a peur de faire des bêtises. Les patients sont sur les nerfs..." avoue-t-elle dans sa combinaison. Des agents de sécurité ont même dû être embauchés.

Sur RMC, Philippe Halfon, directeur des laboratoires Alphabio et médecin virologue, dénonce une campagne de dépistage incontrôlée: "Rien n'a été anticipé ni organisé. Un laboratoire de biologie n’est pas un centre de dépistage de masse". Pour limiter l’attente, ce laboratoire va désormais imposer la prise de rendez-vous.

Martin Cadoret