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Covid-19: le protocole sanitaire est-il bien respecté dans les restaurants parisiens?

À Paris, alors que la situation sanitaire continue de se dégrader, le protocole sanitaire n'est pas respecté de la même manière dans tous les restaurants.

Le soir est tombé sur la capitale. Depuis la rue, un restaurant ne semble pas respecter le protocole sanitaire. Du gel hydroalcoolique est distribué à l'entrée, à côté du carnet pour inscrire ses coordonnées mais à l'intérieur seuls 20 centimètres séparent les tables. Si le port du masque est obligatoire jusqu'au service des plats, déroger à la règle ne semble pas poser de problèmes. Derrière le bar, un serveur désœuvré baisse son masque, puis le remet, par intermittences.

À quelques centaines de mètres de là dans un autre établissement, Anette vient de terminer son repas, accompagnée de ses deux enfants: "Les tables étaient quand même espacées, les serveurs portaient leurs masques c'était parfait". Cette francilienne constate que les restaurants parisiens n'ont pas tous la même lecture du protocole sanitaire. "Ce n'est pas partout pareil. il y en a qui ne font pas l'effort, il y en a a où c'est vraiment serré".

"Il y a des clients qui au bout de quelques verres oublient tout"

Ici, Thibaut Freyernuth veille sur le respect des consignes. Mais ce responsable de salle l'avoue. Ce n'est pas tous les jours facile. Il y a d'abord les blagues, sur le registre de clients: "On a des rigolos, on a eu Céline Dion et Nicolas Sarkozy..." Et surtout certains récalcitrants devant lesquels il faut rester ferme: "Il y a des clients qui au bout de quelques verres oublient tout. L'environnement, le cadre, la pandémie... Après deux verres ils l'oublient. On est là pour leur rappeler, parfois il faut insister lourdement donc on n'hésite pas. Si la personne est récalcitrante, on l'encaisse et on lui demande de quitter l'établissement. Ce n'est pas évident tous les jours mais c'est le prix à payer pour continuer à travailler".

Une différence d'appréciation de la loi qui inquiète (...) Pour Marcel Bénézet, président de la branche café bars brasserie au Groupement national des indépendants (GNI), il faut donc durcir les règles: "C'est ça le problème, c'est que les bons élèves ont payé pour les mauvais. Il faut donc sanctionner les mauvais élèves. Il faut faire des contrôles de police plus stricts, mettre un avertissement préfectoral et si rien n'est respecté, le lendemain il faut fermer".

Sauf qu'un restaurateur l'avoue anonymement, demander aux clients de porter leur masque entre le plat et le dessert, comme le veut le protocole, c'est délicat. "Déjà que notre chiffre d'affaires est au plus bas, on ne voudrait pas que nos derniers clients, ne reviennent pas", ajoute-t-il.

Benoît Ballet et Nicolas Traino (avec Guillaume Dussourt)