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Covid-19: y a-t-il vraiment moins de contaminations dans les transports?

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Dans les transports, malgré l'absence de distanciation sociale, le masque semble faire effet, permettant d'éviter les contaminations de masse.

Une coïncidence malheureuse. Lundi, le jour où Paris et la petite couronne ont été placés en alerte maximale, la ligne 13 du métro parisien, déjà extrêmement fréquentée en temps normal, a subi une panne, interrompant le trafic pendant une heure.

Conséquence, des dizaines de passagers se sont serrés dans les couloirs et les wagons, avec des masques mais sans distanciation sociale possible. Les quais étaient bondés comme un jour de grève. Et le RER B, une ligne très utilisée qui transporte près d’un million de voyageurs par jour, a connu lundi également un problème similaire. Un bagage oublié a perturbé le trafic et forcé les voyageurs à s’entasser dans les rames. Des images largement partagées sur les réseaux sociaux qui ont fait ironiser sur la fermeture des bars.

Mais le risque de contamination est-il plus important dans le métro qu'ailleurs alors que les transports n'ont cessé de fonctionner, même pendant le confinement ? S'il n'existe pas vraiment d’étude globale sur le sujet, quelques cas particuliers peuvent donner une indication.

Le masque semble faire son effet

Des chercheurs anglais ont ainsi étudiés un train chinois entre décembre et mars, au début de l'épidémie de Covid-19. Ils ont observé les gens assis à côté d’une personne infectée, tout cela au cours de trajets différents pouvant durer entre 1 et 8 heures. Et ils en ont tiré trois conclusions : si vous êtes à côté d’une personne positive, vous n’avez en moyenne que 3% de risques d’être contaminé. Mais ce risque s’accroit si le trajet dure longtemps et surtout si vous n’êtes pas masqué. Il peut alors atteindre 10% 

Une autre étude, concernant un bus chinois a été publiée dans une revue médicale américaine. En 1h40 de trajet, et avec une personne malade à bord, 23 personnes sur 65 ont été infectées, et pas uniquement celles qui étaient les plus proches du cas initial. Les chercheurs voient là une preuve que les transmissions aériennes sont possibles dans les lieux clos et, surtout, que le masque est un rempart efficace puisqu’à ce moment-là, en Chine, il n’était pas obligatoire dans les transports.

En France, les seuls chiffres dont nous disposons, sont ceux de Santé Publique France. Et ils indiquent que les transports ne représentent qu’1,2% des clusters

Louis Amar (avec Guillaume Dussourt)